Depeche Mode | Melody Maker – 26 septembre 1981

Le fantasme parfait

DEPECHE MODE
The Venue, Londres

Je suis subjectif… il y a six mois, j’ai eu assez de chance de coincer quatre gamins marrants, dont le nom collectif était un petit peu plus d’un buzz en ville, pour une discussion dans la loge du Lyceum.

Les conséquences ont engendré du courier de nombreuses personnes passionnées, comme toujours, à dorloter le passé via des perspectives très optimistes – à poser sur le papier et citer notre petit tête à tête comme endémique des critères qui ont bien baissé chez votre MM.

Quatre semaines plus tard (je les adore !) et Depeche Mode claquent leur prêt immobilier sur une place dans les charts destinée à être la leur pendant des années et des années à venir – une douce vengeance ; un doigt d’honneur mutin à nos correspondants et l’aube définitive d’une New Life.

Vous pensez que c’est tout ? Écoutez. Je savais qu’ils pouvaient être bons, je savais qu’ils étaient bons, mais autant ? … jamais !

Depeche Mode étaient tellement biens qu’ils nous ont fait oublié dans quelle salle nous étions, le bar et les burgers, ils nous ont fait sourire, et poussé à danser avec nos compagnes. Deux concerts à guichets fermés – le premier pour les moins de 18 ans (je n’ai pas pu rentrer), le deuxième pour les plus grands – tous les deux en soutien d’Amnesty et tous les deux (je suis informé de source sûre à propos du premier) pratiquement parfaits.

Mais évidemment – ce devait être le cas. En tant que responsables involontaires d’une révolution polie, Depeche sont / étaient les premiers à mettre intuitivement en pratique de vieilles théories électropop ; ont à leur charge trois des meilleurs singles des charts de cette année ; sont la raison pour laquelle Hard Times / Love Action de The League est une blague et non pas un exercice logorythmique ; la raison pour laquelle Souvenir de Orch. Man est passé de bubblegum nerveux aux ballades faciles ; une bonne raison, avec New Life / Just Can’t Get Enough (Oh, vous ne le saviez pas – c’est la même chanson, gogos !) pour laquelle parfois il faut regarder TOTP.

À cause de Depeche Mode, la pop de 1981 n’a plus à s’excuser.

Ce soir, l’émerveillement, c’est qu’ils sonnent tout comme les disques. Ils ne pourront jamais être techniquement mauvais – leurs machines ne les lâcheront pas aussi loin – mais ils pourraient jouer machinalement sans y mettre d’âme – quelque chose, Dieu merci, pour laquelle ils sont encore trop jeunes et excités.

Ils sont magnifiques à voir aussi – tout en rondeurs d’adolescence tout aussi à l’aise à la maison à prendre le thé chez mamie ou à rouler des pelles en boîte de nuit. Tellement mignons que je m’inquiète. Tôt ou tard (plutôt tard s’il vous plaît !) ; ils vont commencer à être corrompus, sérieux et devenir des hommes d’affaire. Pas encore cependant. De nouvelles sélections du LP à venir font des clins d’œil plus à la Motown qu’au Krautrock, et Pretty Boy glisse même bien trop loin dans l’auto-parodie des Shangri-Las. Daniel Miller aurait dû l’apprendre avec les Silicon Teens – trop de sucre vous rend malade.

Autre plainte : ils ont joué trop longtemps – 55 minutes au lieu de la quarantaine habituelle. Autant de danse comme à être laid, physique, réel. Depeche Mode sont un potentiel de fantasme plus que réalisé, les Archies des années 1980, un rêve devenu réalité. Si court, si mignon ; ne me dérangez pas – je ne veux pas me réveiller.

Steve Sutherland

Traduction : 20 janvier 2021

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