Gorillaz | Q – novembre 2017

Gorillaz

Le plus grand groupe animé au monde prend vie cet hiver et ils emmènent autant de chanteurs invités qu’ils peuvent.

Aucun concert de Gorillaz ne ressemble à un autre. Ce ne sont pas des fanfaronnades, c’est une nécessité. Il y a 17 chanteurs invités sur leur album actuel Humanz et deux autres dizaines sur leurs disques précédents, et la porte est toujours ouverte. Personne d’autre n’a jamais tenté d’emmener un groupe avec tant de pièces mobiles sur la route. “Tu dois être très cool, sinon ça te fait péter un câble”, déclare Damon Albarn.

Le projet qui a commencé il y a quasiment 20 ans en tant que groupe animé basé en studio a progressivement évolué en un énorme succès live. Sept ans après la tournée Escape To Plastic Beach, la plupart des dates actuelles se sont vendues à guichets fermés en un jour et les billets pour le festival Demon Dayz à Margate se sont arrachés en moins d’une demi-heure. “Je n’ai jamais eu de tournée qui se vende aussi rapidement de part le monde”, explique Albarn. Les ventes rapides du merchandising G Foot, dont le béret de 2D et les lunettes de soleil en forme de cœur de Noodles, soulignent l’engagement des fans de Gorillaz. “Lors du dernier concert, tout ce qu’on voyait, c’était un océan de bérets et de lunettes de soleil qui se déchaînaient”, raconte le collaborateur d’Albarn, Jamie Hewlett. “C’est assez touchant. Les gens aiment vraiment ça”.

Hewlett dit que la tournée Humanz est la chose qui se rapproche le plus de leur mélange idéal d’humain et de numérique. Les collaborateurs Block 9 ont filmé chaque artiste sur l’album de manière à ce que les absents puissent apparaître virtuellement, avec une exception : pas de De La Soul, pas de Feel Good Inc.. Généralement, c’est la règle de plus il y a de fous, plus on rie qui prévaut. Lors de la fête de lancement de l’album en mars, Del The Funky Homosapien a interprété Clint Eastwood pour la toute première fois, tandis que le morceau euphorique qui a refermé le set, We Got The Power, réunissait Jehnny Beth, Noel Gallagher et Jean-Michel Jarre. Mais il y a toujours un plan B.

“On a deux vidéos différentes, suivant qui est là et pas là”, explique Hewlett. Demander aux gens de se déplacer pour une chanson, c’est beaucoup demander. Les gens sont très généreux. Pour moi, ça semble logique aujourd’hui. Le public veut voir le groupe autant que les personnages et on doit trouver un équilibre où l’un ne contredit pas l’autre. Parfois si je regarde des trucs qu’on a faits et je grimace un petit peu mais à la table de mixage de Margate, j’ai été scotché par ce que je voyais. Il n’y a aucun moment où tu t’ennuies et va acheter une bière ou pisser”.

Les seuls composants stables sont Albarn et “le groupe le plus funky avec lequel j’ai jamais joué”. Albarn n’est pas tant un leader qu’un animateur, faisant avancer le spectacle et mettant tout le monde à l’aise. “Ça me fait vraiment l’apprécier quand je chante”, dit-il, “ce qui est intéressant à ton propre concert”. Hors scène, il doit jouer le rôle du hôte de la fête et du capitaine du groupe. “C’est important que tout le monde s’entende bien. C’est comme un bateau quand tu as tant de personnes. Même commander à dîner pour 70 personnes n’est pas facile”. Il soupire. “Parfois je remet en question ma santé mentale. J’aime juste jouer avec beaucoup de musiciens. Tu ne sais jamais ce que va être l’humeur collective un soir donné”.

Cette année, la vision œcuménique de Gorillaz de la musique pop semble particulièrement puissante. L’une des idées derrière Humanz, c’était imaginer comment le monde gèrerait si le pire arrivait et Donald Trump devenait président. Eh bien, le pire est arrivé. Apporter la tournée la plus diversifiée sur Terre, en termes de nationalité, âge, race, genre et sexualité, dans un pays sous l’emprise d’une mentalité de siège de suprématie blanche semble implicitement politique. “J’ai pensé que je finirais par avoir beaucoup à dire à ce propos sur scène mais je pense qu’être là à jouer la musique est assez provocateur”, explique Albarn. “C’est génial d’avoir un grand groupe multiculturel qui voyage de part et d’autre l’Amérique. Le plus grand message, c’est de ne pas perdre de vue tout le bon travail qu’on a fait pour se comprendre, apprendre des uns et des autres et être sensible aux uns et aux autres. Si tu veux que je monte sur ma tribune de fortune bancale, ça représente un avenir positif”.


L’avenir immédiat de Gorillaz est assez positif, aussi. Avec les engagements de la saison festivale finis, les dates à venir comprendront régulièrement Vince Staples, Danny Brown et Jehnny Beth aux côtés de piliers comme Jamie Principle et Zebra Katz. Pendant ce temps, Hewlett et Block 9 introduisent des innovations comme un rôle étoffé pour le narrateur de Humanz, Ben Mendelsohn, et des hologrammes hi-tech. “Mon rêve de pouvoir voir des hologrammes de personnes réelles se rapproche désormais”, dit Albarn. “C’était l’idée au début. On a été très patients et il ne nous reste pas tant de temps que ça”.

Il projette également de faire un album sur la route dans l’esprit de The Fall de 2010, contactant des producteurs et des artistes dans différentes villes. “J’aime vraiment l’idée de faire de la nouvelle musique et de la jouer sur scène quasiment en simultané. Ça sera un disque plus complet que The Fall mais on va espérer qu’il ait cette spontanéité”.

Au-delà des dernières dates sud-américaines en mars, la prochaine phase de Gorillaz doit encore être décidée. Albarn, comme toujours, est au four et au moulin, comme apprendre en autodidacte le Bambara, dialecte malien, et faire un autre disque avec The Good, The Bad & The Queen. Mais Hewlett laisse entendre plus d’activité Gorillaz, plus tôt que tard. “On est en train de discuter d’idées pour une nouvelle sorte de concert”, dit-il. “Si on va faire plus de trucs avec Gorillaz, on ne veut pas attendre sept ans parce que, tu sais, on s’entend bien là. On est enthousiastes mais on a besoin de finir ces concerts avant. Tu ne sais jamais ce qui t’attend”.

Pour le moment, la top priorité, c’est localiser l’insaisissable Grace Jones pour une interprétation de sa chanson sur Humanz, Charger. “C’est comme essayer de trouver les aurores boréales”, explique Albarn. S’ils y arrivent, alors Hewlett est prêt à faire un autre ajustement : “J’imagine que cette version de Charger pourrait durer 10 minutes”. Si tu l’as, exhibe le.

Dorian Lynskey

Traduction : 14 mars 2021

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