Depeche Mode | Basildon Evening Echo – 12 novembre 1981

Accueil de héros pour quatre garçons dans le groupe

Don Stewart

Les quatre jeunes hommes du groupe Depeche Mode ont sauté de leurs lits de Bristol tôt mardi matin.

C’était du jamais-vu sur leur tournée nationale.

Les pop-stars ne se lèvent traditionnellement pas tôt et ces jeunes hommes sont actuellement au sommet d’une vague pop, avec un single et un album qui voguent haut dans les charts.

Mais ce n’était pas un jour ordinaire de la tournée à guichets fermés pour le groupe qui, en six mois, est passé de l’obscurité à être l’une des propriétés les plus recherchées de la pop.


Vince Clarke, Martin Gore, Andrew Fletcher et Dave Gahan sont des héros pop star en route pour jouer devant les leurs, les gens venant des rues qui entourent là où ils vivent, les gamins des écoles où ils sont allés.

John Botting, leur tour manager, a dit que le voyage en minibus du Sud Ouest de l’Angleterre ne ressemblait à aucun autre de la tournée jusqu’alors. Les garçons étaient excités à l’idée de rentrer à la maison – et cela se voyait.

Basildon était le neuvième arrêt de leurs 12 dates qui les ont vus jouer de Newcastle et Édimbourg vers Manchester, Birmingham et Nottingham.

Ce soir, ils joueront devant 2 500 personnes à Poole, samedi, ils seront à Leicester et la tournée se finira dimanche au Lyceum de Londres.

Mais mardi soir, c’était soirée à domicile et c’était spécial.

La discothèque Raquels était complète dans sa capacité de 850 personnes. La vente des billets en avance s’est arrachée il y a des semaines. La file d’attente pour la centaine mise de côté pour la vente à l’entrée le soir même s’étendait le long du bâtiment à 19h.

1981 est une année fantastique pour le moment pour le groupe de Basildon tout électrique qui s’est formé en automne de l’année dernière seulement.

Le premier signe de succès est arrivé au début du printemps quand leur premier single, Dreaming Of Me, a caressé le Top 50 des charts.

Leur disque suivant, New Life, a filé dans le Top 20 mais n’a pu poursuivre sa route dans le Top 10. Mais la semaine dernière, leur dernier, Just Can’t Get Enough, l’a fait.

Aujourd’hui, leur premier album, Speak And Spell, est sur le point de rentrer dans le Top 10 une semaine seulement après sa sortie. Il ne peut échouer parce que les précommandes de l’album se totalisaient à 80 000 exemplaires.

Le succès semble leur être plutôt égal.

Ils se tenaient sur le dancefloor de Raquels avant le concert, à peine distincts de l’armée de techniciens construisant l’énorme pile d’amplis qui attaquera plus tard les tympans des centaines de fanatiques.


Ils avaient aussi peu d’expérience dans les interviews quand je leur ai parlé pour la première fois en mai.

Vince, 20 ans, a dit que, en ce qui le concerne, le succès voulait dire qu’ils travaillent plus et qu’il fume plus de cigarettes.

Une barbe de trois jours blonde poussait, assortie à ses cheveux blonds et le faisant paraître plus vieux que lorsque je l’ai vu pour la dernière fois il y a six mois.

Comment était la vie de pop star, avec une garde-robe remplie de vêtements et de voitures onéreux, la grande vie ?

“Je me suis acheté une nouvelle paire de bottes en cuir à Édimbourg”, répond-t-il. “Elles m’ont coûté 10 £”.

Pour le chanteur, Dave Gahan, 20 ans, le succès voulait dire qu’il a pu sortir du chômage, non pas qu’il ait remarqué qu’il était plus riche.

Son visage sensuel porte un regard plus inquiet qu’avant alors qu’il ressent un soucis plus professionnel que le spectacle doit être bien. Il aime aider à installer le matériel même s’il y a des techniciens pour le faire pour lui maintenant.

Le cirque Depeche Mode se déplace de part le pays dans trois véhicules transportant une équipe de tournée et des musiciens, 15 personnes au total.

Les instruments et les amplis sont embarqués dans un poids lourd, une voiture avec cinq techniciens le suit.


Arrive ensuite le mini-bus avec les quatre de Basildon, deux musiciens du groupe de première partie, Blancmange, le tour manager et les fiancées de Dave et Martin, respectivement Jo Fox, 19 ans, de Billericay, et Anne Swindell, 18 ans, de Basildon.

Les filles travaillent sur le côté promotionnel de la tournée, s’occupant des demandes des fans et vendant des t-shirts.

Le grand Andrew Fletcher, 20 ans, était appuyé contre un mur à regarder des câbles mis en place. Il n’y avait aucune différence maintenant dans la manière dont il vivait ou la manière dont il pensait depuis que Depeche Mode est devenu un grand groupe, dit-il.

“La gloire et la fortune, qu’est-ce que c’est ?”. Martin Gore, 20 ans, a fait un large sourire et a ajouté, “On n’est pas célèbres”.

Le groupe venait de finir leur balance. Les amplis, les synthétiseurs et tous les réglages avaient été mis en place. Pour tester, ils ont joué I Take Pictures tandis que Robin Woosey les filmait.

Durant une brève pause dans les préparations, j’ai conduit Martin chez lui à Shepeshall à Basildon, pour une rapide tasse de thé avec sa mère.

Pas célèbres ? Alors pourquoi il y avait des centaines de personnes qui attendaient devant le Raquels alors qu’ils n’avaient aucun espoir d’obtenir des billets, ai-je demandé, faisant signe de la tête vers l’énorme file d’attente.

“Pas vraiment célèbres”, a-t-il répondu. “Et on ne s’est pas fait beaucoup d’argent”.

Ce que le groupe fait réellement, c’est persévérer dans le business, Martin se fait livrer un nouveau synthétiseur cette semaine.

Sa mère, Pamela, est fière et déclare avoir aidé Martin à se lancer dans une carrière musicale quand elle lui a acheté sa première guitare à 12 ou 13 ans.


Ses deux sœurs, Karen, 14 ans, et Jackie, 13 ans, seront au concert. “On se moque de nous à l’école à cause de lui”, a dit Jackie, qui idolâtre Martin.

Il est environ 22h ce soir-là quand le groupe de première partie a fini et Depeche Mode fait son apparition.

Il y a un relâchement de l’hystérie contenue tandis que le public constitué principalement de jeunes filles les accueillent en criant.

Il y a quelques années, leurs cris auraient noyé les musiciens – mais ce n’est plus le cas.

Ces amplis sont trop puissants. Ils écrasent les cris et le rythme frappe le corps comme des coups de poings puissants.

Des centaines de personnes s’écrasent sur les barrières et les hommes forts du personnel de la discothèque se transforment en supports humaines pour retenir les barrières loin de la scène.

Il y a six mois, Depeche Mode étaient bons. Aujourd’hui, ils sont très bons, leur professionnalisme est complet.

Mais pendant juste quelques heures de plus cette nuit-là, ils sont redevenus de simples petits gars de Basildon, endormis bien en sécurité dans leurs propres lits.

Traduction : 2 avril 2021

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