Blur | Mojo – octobre 2012

Pont vers le monde

Rejoints par New Order et les Specials, Blur est en tête d’affiche de la véritable cérémonie de clôture des Jeux Olympiques. Damon Albarn se demande, et la suite ?

Le soir du 12 août à Hyde Park, tandis que le reste de Londres se fatiguait devant la cérémonie de clôture débilitante des Jeux Olympiques, Blur a joué sa nouvelle chanson à la Procol Harum, Under The Westway, sous une réplique géante du célèbre pont routier. La chanson devait marquer le dernier jour de la quinzaine londonienne de 2021, selon Damon Albarn, et de manière plus importante, ce qui va se passer après.

“C’est une des raisons pour laquelle je l’ai écrite”, explique Albarn, trois heures avant que Blur ne monte sur scène pour la dernière soirée de la série de concerts BT’s London Live. J’ai pressenti qu’on allait tous se sentir super bien .(Les JO) avaient un esprit tellement non commercial – il y avait le NHS à la cérémonie d’ouverture, le fait que c’était sur la BBC et qu’il n’y a pas eu de publicités, le fait que ça n’était pas après la célébrité ou l’argent – et ces deux semaines nous ont remonté le moral, de manière générale. Et il y avait ce sentiment que le lendemain venu, ce sens d’accorder de l’importance aux choses serait en quelque sorte à nouveau englouti”.

“Je pense simplement que ça nous a permis d’avoir un ciel dégagé, dans le sens d’une absence de la réalité commerciale de notre existence”, continue-t-il. “Je pense que le sport n’est seulement une partie de ce qui a été déclenché de manière subconsciente en nous, [ce qui est] un sens qu’on est plus heureux quand on fait des choses pour des raisons moins commerciales. C’est comme si on s’était réveillé et qu’on s’était rendu compte qu’on s’aime bien les uns les autres. Et des gens comme Mo Farah dépassent la valeur aujourd’hui, comme métaphores de ce que le pays a toujours aspirés à être. Il est excellent parce qu’il croit dans le travail acharné et c’est quelque chose qui n’est pas branché, et il l’a rendu branché”.

L’affiche d’aujourd’hui, dit-il, a également à voir avec la célébration de la musique britannique. “C’est l’une des choses auxquelles on excelle, vraiment, et l’idée, c’est qu’on n’aurait pas de musique britannique moderne sans le multiculturalisme qui regarde vers l’avenir des Specials, ni New Order et Joy Division avec leur truc électronique”, explique-t-il. “On aurait pu avoir beaucoup de gens de Londres plus jeunes et plus urbains mais, d’une manière, tous ceux qui doutent d’où vient tout ça ont juste besoin de jeter un œil à ces deux groupes. C’est en fait ma première opportunité de voir les Specials – c’est extrêmement excitant d’être à l’affiche de mon groupe préféré au monde quand j’étais gamin”.

Heureusement, cette affiche poids lourd ne déçoit pas. New Order jouent les tubes et des raretés judicieuses, avec Love Will Tear Us Apart de Joy Division accompagné par une projection sur l’écran qui disait “JOY DIVISION FOREVER”. Deuxièmes, les Specials maintiennent la pression mais omettent Ghost Town qui pourrait potentiellement détruire l’ambiance. Les deux groupes sont de splendides entrées pour plus de deux heures de Blur. Les grands moments incluent Out Of Time, où le groupe est rejoint par une joueur de oud syrien, Khyam Allami, un Parklife bien arrosé avec l’assistance de Phil Daniels et Harry Enfield en préposée au thé en tablier et un Tender réparateur, qui voit Albarn donner au guitariste Graham Coxon un petit bisou surprise sur la joue. Plus tard, un émouvant This Is A Low transforme la météo marine en cathartique psychique sous la forme de chant repris en chœur par la masse, avec le dernier rappel, The Universal, résumant l’espoir doux amer que quelque chose pourrait avoir changé dans le psyché national.

L’avenir de Blur, pendant ce temps, semble mystérieux. “On a absolument adoré refaire ces concerts”, déclare Albarn. “C’est une part de ma vie très, très importante, mais il n’y a rien de négatif quand je dis, Eh bien, on a autre chose à faire. Honnêtement, ma peur, c’est combien ça me prendrait de temps dans ma vie et celle des autres si on faisait vraiment quelque chose parce que sinon on essayerait certainement de faire un grand album. Alors ça sera le dernier concert de Blur dans ce pays pendant un moment, sinon… longtemps. Même si c’est débile de dire à jamais”.

Ian Harrison

Traduction : 27 avril 2021

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