Musique électronique pour les masses

“Tout à coup, de nulle part, ça a juste explosé. De rien, on était soudainement devenu un groupe de stades”.
– Andy Fletcher, 2001

Le 9 janvier 1988, la dernière tentative de Depeche Mode pour la domination mondiale a commencé au Centre de Newport suivi par deux concerts à guichets fermés à la Wembley Arena de Londres, devant un public combiné de 24 000 personnes.

Nancy Culp du Record Mirror était à Wembley le 11 janvier : “Avec un décor scénique ressemblant à un croisement entre une scène de Metropolis [de Fritz Lang] et un meeting de Nüremberg – tout en fausses plinthes et plateformes avec des drapeaux colorés qui pendent avec coqueterie de la rampe de projecteurs – nous restons à nous demander si le groupe se fout de leurs fétiches allemands. Les accents d’ouverture de Behind The Wheel sortent en flottant de ce que l’on peut décrire comme les vieux rideaux en filet noir de Madame Jumbo. Les gars sont cachés tandis que de la glace sèche est crachée, seulement pour être révélés quand le voile funéraire frissonne brusquement vers le ciel dans un geste qui tourne vers le maniéré.

“Maintenant voici le point crucial : Depeche Mode sont horribles et hystériques sans le vouloir. Du tortillement maniaque du bassin et remuage du derrière de Dave ; aux jupes en cuir noires, bottes de motard et harnais noir de bondage de Martin qui lle font ressembler au petit frère de Hooky (1) ; en passant par les curieux réflexes rotuliens de Fletch et sa manie d’agiter les bras en pleine chanson, Dep Mode sont même plus marrants que Spinal Tap durant leur période Nouveaux Romantiques, et tout est totalement naturel par dessus le marché… [Depeche Mode] ont mûri infiniment en un bon groupe criminellement sous-estimé… Mes pieds ont à peine arrêté de bouger pendant plus d’une demi-seconde toute la soirée et le sourire béat sur mon visage devra être retiré par la chirurgie…”

Danny Kelly du NME a pratiqué un assassinat de caractère sur chaque member, avec seulement Alan Wilder s’échappant indemne : “Dave Gahan nous offre son fabuleux jeu de nouveau Dieu du Sexe de l’Essex, nous nous émerveillons sur ses trémoussages de bassin totalement convaincants (avec l’authentique acessoire micro radio en permanence érigé) ; nous restons bouche bée devant sa maîtrise de la position Ain’t Piles Murder de Freddie Mercury ; et nous regardons d’un air sidéré comment (combinant les contorsions d’une poule de batterie arthritique, d’une strip-teaseuse d’un film de série B et de la grand-mère de Mick Jagger) il dévoile le deuxième pire pas de danse au monde. Le pire, bien sûr, appartient à son collègue Fletch, qui gaspille sa soirée avec des crises d’étonnement penaud devant le grabuge qui se déroule devant lui et des démonstrations sans effort de ses brevetés Crimes contre la Chorégraphie…”

Gore était décrit comme un “cauchemar de genoux, tétons et absurdités”. À part cela, Kelly a été impressionné par une partie du spectacle. “Black Celebration est stupéfiante, ayant l’impact d’un coup de gueule de [Arthur] Scargill dans un épisode de Antiques Roadshow, éreintant même les énormes manchettes les plus fondamentalistes avec un respect engourdi et faible..”

Andy Darling du Melody Maker : “Je ne suis pas venu faire les louanges de Depeche Mode comme artistes ayant mûri, ni comme Merde Dorée ; plus un mélange entre les deux”, a-t-il écrit dans le numéro du 23 janvier. “Un peu comme les banlieues, en fait. Une partie d’entre eux impatiente d’écraser les paramètres (habituellement signalé par Mark [sic – Martin Gore] prenant le devant de la scène et chantant), une partie d’entre eux impatiente de simplement s’amuser (quand Fletch s’avance et clappe des mains au dessus de sa tête), un peu de sex appeal (quand Dave trémousse son derrière), un peu de pruderie (quand les autres ne le font positivement pas). Des gars des banlieues, ne craignant pas d’exposer leur côté féminin de temps en temps. Mais pas trop. Le plus d’amusement que vous pouvez avoir avec les pieds au sol. Vous ne chantez que lorsque vous gagnez”.

La première moitié de 1988 a été prise par une tournée européenne de 33 dates, et quatre concerts au Japon. Le 16 mai, Little 15 a été extrait de Music For The Masses comme single inattendu uniquement pour le marché français. (2) Cette balade écrite par Martin Gore ne faisait pas partie de la setlist, et si Daniel Miller ne l’avait pas encouragé, elle n’aurait pas été enregistrée en premier lieu. Les fans français ont eu un bonus additionnel sous la forme d’une face B instrumentale autrement indisponible (Stjarna), ainsi que l’interprétation d’Alan Wilder de la Sonate No. 14 en do# – connue plus communément comme Sonate au clair de lune – à l’instigation de Gore pour l’inclusion sur le maxi 45 tours qui l’accompagnait. Malgré sa virtuosité au clavie, Alan Wilder a plus tard admis avoir légèrement gâché la fin du morceau.

Little 15 était fondé autour d’un arrangement de cordes (samplées) d’ouverture simpliste qui tirait son chapeau aux compositions classiques minimalistes de Michael Nyman. (3)

Les fans britanniques dévoués de Depeche Mode ont transformé le disque en un import populaire ; assez pour qu’il entre dans les charts à la 60ème place le 28 mai, malgré le fait qu’il n’ait jamais été sorti officiellement dans le pays natal du groupe.

La tendance créative de Anton Corbijn a été temporairement suspendue puisque Little 15 a vu Martyn Atkins reprendre ses devoirs de réalisation. Alan Wilder : “[Il] semblait être une bonne opportunité d’essayer un réalisateur différent [puisque] il ne sortait qu’en France”.

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Au sujet de réalisateurs, le Music For The Masses Tour nord-américain de 30 dates devait être immortalisé sur celluloïde par Don Allen (D.A.) Pennebaker, réalisateur de documentaires musicaux renommé avec Don’t Look Back (1967), un regard en coulisses sur la tournée britannique de Bob Dylan en 1965 et Monterey Pop (1969), enregistrement visuel du festival de rock de Monterey, à son crédit considéralbe.

Pour la plupart des Américains qui vont au cinéma, le film qui en a résulté, 101(4) a dû sembler être un concept étranger ; avec en vedette un groupe étranger outre-Atlantique, électronique et sans batteur. Selon les notes de Pennebaker pour la sortie de la vidéo, 101 était : “Un film sur la musique, à propos de ceux qui la vendent et ceux qui l’achètent. Ceux qui la réalisent, ceux qui l’écrivent et ceux qui l’interprètent. Mais qui est qui ?

“La nouvelle musique : quatre jeunes Anglais. Des amis qui ont grandi ensemble. Ils ont commencé avec des claviers et un magnétophones parce que la batterie faisait trop de bruit dans la maison. Pas de manager (ils font cela eux-mêmes) et pas de contrat avec leur maison de disques (Mute – juste une poignée de mains).

“La tournée : entourés d’un équipe de techniciens flibustiers britanniques et australiens, trois semi-remorques et du matériel qui appartient à une rampe de lancement, ils traversent le paysage, s’installant et frappant, semaine après semaine, ville après ville. Monté l’après-midi et descendu avant l’aube. Même pas le temps pour les balances.

“Engloutis par des vagues de fans, qui se faufillent par des fissures dans les murs et les hantent en coulisses, la jeunesse américaine héritera bientôt de ce paysage. Et derrière, un bus spécial plein de fans, des gagnats d’un concours Sois dans un film sur depeche Mode, essayant de rattraper leurs idoles. À la fin de la tournée (le cent-unième concert) près de 70 000 personnes remplissent le Rose Bowl de Pasadena en Californie pour regarder un spectacle de lumières et de musique interprétée par quatre amis, sur trois claviers et un micro… et un magnétophone.

“Pourquoi, il demeure un souvenir de rêve, parti maintenant, mais toujours visible comme une mouche dans l’ambre pour le reste du temps”.

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Les moments d’ouverture du film comprend une obscurité vide sur laquelle le directeur de la production de Depeche Mode, Andy Franks entonne : “Okay, démarre la cassette”.

“Les magnétophones étaient démarrés par le keyboard tech, Wob Roberts, au début du set, et n’étaient arrêtés et redémarrés qu’entre les rappels, a expliqué Alan Wilder. Il y avait deux magnétophones [multi-pistes] identiques, qui tournaient en synchro – un était purement de secours au cas où l’autre tomberait en panne”.

Après, 101 suit un motif établi par Rattle And Hum de U2 – des images de concerts et de coulisses tournées simultanément durant une tournée américaine – tandis que Depeche Mode se préparent pour le climatique (101ème) concert de leur tournée mondiale au Rose Bowl de Pasadena.

D.A. Pennebaker : “Depeche Mode semblaient être un film si infaisable, [mais] ces quatre gars, ils ne pouvaient être plus sympa. Ils n’avaient aucune idée au monde entre eux, mais ils ont trouvé comment faire beaucoup d’argent avec un magnétophone en coulisses. Ils avaient un gars, Alan, qui n’est même plus avec eux, qui est vraiment un bon musicien. Puis ils avaient cet incroyable génie venu du cosmos, qui savait écrire ces chansons ; puis ils avaient David ! Et l’autre gars. On devait les aimer, mais quelle sorte de film ça aurait fait ? Alors on a fabriqué cette idée marrante d’avoir ces fans dans un bus, et… ça a marché. On n’y croyait pas !”

En effet, cette “idée marrante” est survenue tout d’abord quand “Malibu Sue¨ de la station anglophile WDRE basée à Long Island a annoncé à environ 350 000 auditeurs que “Depeche Mode font un film, et ils aimeraient que certains de leurs fans y apparaissent”.

Une bande hétéroclite de mauvaises coiffures des années 1980 est montée dans le bus – dont un effort sensationnel réduisant la couche d’ozone constitué de deux rangées aiguisées comme des lames de rasoir de pointes grises et une queue de cheval. Le chauffeur du bus, Dave Charest, s’exclame avec beaucoup de couleurs : “Quoi ! Tu te fous de moi ? J’emmène un groupe de 12-15 ans de part le pays !”

L’interprétation de Depeche Mode de Route 66 venait de culminer dans le sondage du long weekend de WDRE – à la grande délectation sur l’écran de l’attachée de presse américaine, Teresa Conroy : “Depeche Mode ont plus de chansons dans le Top 200 que n’importe quel autre groupe”.

Le producteur de WDRE, Danis McNamara semblait avoir pigé le charme du groupe : “C’est un mélange. Il y a le fan de dance, la jeune fan qui est probablement aujourd’hui aussi fan d’Erasure. Les fans de Depeche Mode attendront avec angoisse le nouvel album de The Cure et auront acheté Rattle And Hum, mais ce ne sera pas leur album préféré de U2. Ils ne sont pas basés sur les ados ; bien que plus féminins que masculins, ils ont un soutien énorme de jeunes entre 18 et 28 ans.

“Une partie de cela venait du succès spectaculaire dans les clubs de Just Can’t Get Enough, alors il y a les gens qui ont grandi avec le groupe. Puis il y a les mômes qui s’habillent en noir et qui aiment aussi Einstürzende Neubauten et Nitzer Ebb, les groupes industriels. Et une grande partie des auditeurs de notre station sont de jeunes professionnels urbains. On trouvera des agents de change à côté d’un sosie de Siouxsie à un concert de Depeche Mode…”

Andy Fletcher : “Les gens prennent la musique aux États-Unis beaucoup plus au sérieux qu’ici [au Royaume Uni]. Parce que c’est une telle industrie, adaptée pour faire de l’argent, il y a aussi un sentiment anti-Top 40. Quand on rencontre des gens en coulisses, la chose qu’ils nous rabâchent, c’est : Ne rentrez pas dans le Top 40 ! Mais si la radio commence à la passer et qu’il entre dans le Top 40, qu’est-ce qu’on peut faire ?”

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Selon Martin Gore, “L’un des titres de travail du film 101 était Mass, parce qu’on pensait que c’était un bon jumelage avec Music For The Masses aussi – juste à cause de cete sorte d’adoration et de foi”.

Alors en quoi Depeche Mode et le vétéran d’alors 62 ans étaient liés ? “Tout était présenté d’une manière imaginative tellement merveilleuse, au-delà de tout ce que j’avais imaginé ou vu dans les concerts des années 1960 et 1970 quand on voyait juste des amplis et des gens dans leurs vieux vêtements. Leur spectacle était aussi spectaculaire que ce qu’on voyait à Broadway. Je me suis rendu compte que ceux qui en faisaient autant pour un public devait avoir quelque chose entre eux, [ou] alors ils ne l’auraient pas fait. J’ai trouvé que ça en valait la peine d’y jeter un œil.

“J’aimais leur indépendance ; ils ne dépendaient pas de louds frais généraux. Le processus de faire de la musique populaire à succès est aussi sujet à la corruption que la réalisation de films, alors à chaque fois que je vois des gens opérer de manière indépendante, je suis toujours impressionné. Ça ne voulait pas dire qu’ils traitaient avec des forces intellectuelles lourdes, comme Bob Dylan et ceux qui avaient cette forte accroche sur l’imagination des gens, mais je pense que la manière dont vivent Depeche Mode et la manière dont ils font leur musique est intéressante parce que si peu le font comme ça”.

Alan Wilder : “Il n’était pas intéressé par la musique – il ne prétendait pas la comprendre, et, en retour, on n’a jamais su quelle histoire il allait raconter, ou comment il avait l’intention de tout monter. Son attitude était : Eh bien, filmons juste des trucs et regardons ce qui arrive”.

Dave Gahan : “Les mots mise en scène et scénario ne rentrent pas du tout dans le cerveau de Pennebaker. Il filme ce qui se passe et ce qui est réel. C’est honnête. C’est pourquoi on a approché Don ; on a vu ce qu’il avait fait avec Dylan et Monterey Pop, et le documentaire sur les Kennedy [Primary] – ils sont très factuels. Trop de groupes font des films totalement scénarisés et clichés, aussi brillant que possible”.

Une première scène dans l’avion privé de Depeche Mode – un avion à turbopropulseur customisé avec le logo mégaphone Music For The Masses – était une claire indication de l’ascension du groupe dans l’aristocratie rock.

Andy Franks parle dans un téléphone portable dernier cri de la taille d’une brique à propos de soucis concernant le concert à venir (27 mai) au Core States Spectrum de 18 000 places de Philadelphie : “Parce que je crois que c’est un long weekend, on est juste un peu inquiets que l’endroit ne paraisse un peu trop vide. Est-ce c’est possible d’avancer la scène ? Le groupe est très inquiet que ça ne semble pas vide : 10 000 personnes, c’est toujours bon, je pense”.

Le 20 mai, Depeche Mode était à Chicago au Poplar Creek Music Theater. Peter Brackle, l’une des 10 000 personnes dans le public, raconte comment les choses ont changé pour le groupe depuis la dernière fois qu’ils ont joué dans la même salle (le 6 juin 1986) : “Bien que Chicago a toujours été une grosse ville Mode, le nombre de fans et la sensation générale du public avaient considérablement changé depuis la dernière fois que j’ai vu le groupe sur le Black Celebration Tour deux ans auparavant, ou même les précédents concerts Music For The Masses à l’automne 1987. Le public devenait plus mainstream, et tout à coup on ne pensait plus que DM était un secret”.

Orchestral Manoeuvres In The Dark – le groupe liverpudlien grandement responsable de pousser Vince Clarke à former Depeche Mode – ont été appelés comme première partie pour la deuxième partie de la tournée. L’ironie n’a pas été perdue chez Andy McCluskey : “Ils s’étaient construits en cette énorme et monstrueuse machine à tourner, particulièrement aux États-Unis avec ses adeptes alternatifs – ce qu’ils nommaient ainsi – massifs. On peut vendre des millions et toujours être classé comme alternatif aux États-Unis. Et on était payés 5000$ par soir à ouvrir pour eux, ce qui ne couvrait même pas nos frais, jouant dans des stades à guichets fermés avec un groupe qui avait commencé parce qu’ils avaient entendu notre premier single ! Alors on a dû ravaler notre fierté un peu ici. Mais, avec le recul, je regarde ça et dit [que] ils sont restés sur leurs positions et ont livré à un public américain quelque chose qu’un public américain voulait”.

C’était exactement ce qu’Alan Wilder disait depuis tout le temps : “[Depeche Mode] avaient tourné constamment aux États-Unis et se sont battus contre un mur de briques de passage radio pendant de nombreuses années jusqu’à ce que les choses commençent à arriver. On n’avait pas oublié l’Europe – on a joué de nombreux concerts là-bas, c’est juste que c’était un moment important et excitant pour nous aux États-Unis et on voulait se concentrer sur [ce] territoire.

“McCluskey pète un peu plus haut que son cul à mon goût, ce qui est toujours un peu dangereux si tu te languis sur le dossier Où sont-ils aujourd’hui ? On leur a lancé la balle pendant 10 jeux dans le match de cricket DM contre OMD – et j’ai le guichet de McCluskey !”

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Pendant ce temps, dans le bus, les mômes se pomponnaient, dansaient et buvaient à s’en rendre stupides tout en voyageant dans une scénerie visuellement évocatrice – des paysages urbains désolés aux déserts cuisants – rattrapant finalement Depeche Mode au A.J. Palumbo Center de Pittsburgh en Pennsylvania (11 juin). Là-bas, ils assistent à leurs héros faisant la balance du titre The Things You Said, qui, grâce à un montage judicieux de Pennebaker, se fond dans la performance du soir, fournissant un contraste visuel frappant entre les lumières dures de la salle vide et les accompagnements lumineux inventifs de Jane Spiers devant un public au complet.

Dave Gahan : “Ce n’est pas une question de quantité de lumière ; c’est une question de la manière dont c’est fait – les humeurs qui sont installées pour chaque chanson ; c’est ce qui est vraiment important avec la lumière. On a beaucoup de ces groupes qui ont des milliers d’ampoules qui éclairent en même temps, et après que tu l’as vu une fois, c’est tout. Mais avec le concert qu’on tourne maintenant, chaque chanson a quelque chose de différent qui se passe sur scène – des choses qui bougent et des toiles de fond différentes qui descendent. Durant chanque chanson, il y a un nouveau changement ; la scène semble différente. C’est assez complexe, vraiment”.

De retour à la balance de l’après-midi, et Alan Wilder fournit une démonstration impromptue de l’un de ses deux claviers sampleurs Emax en isolant les trois sons normalement entendus sur Black Celebration – l’un des morceaux qui constituaient la setlist de 19 chansons du concert : “Le clavier a un total de 36 banques différentes, alors chaque chanson a son propre jeu de sons. Et sur Black Celebration, j’ai plusieurs sons installés aux parties spécifiques du clavier.

“Alors vraiment vous n’êtes que limité par ce que vous pouvez faire avec vos mains. Vous devez vous souvenir où vous le mettez [le son], mais ça vent après un moment. Ça doit être automatique, vraiment ; vos mains vont simplement là”.

L’explication finie, le virtuose du clavier se lance alors dans un réchauffé de la ligne de mélodie simpliste de la chanson.

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C’était l’Anglais expatrié animateur sur KROQ, Richard Blade, qui est devenu le principal défenseur des Modes en Californie : “Leur perçée était en 1984, quand ils ont joué au Palladium. (5) Et ils ont fait un grand concert et ont eu un tel bon bouche-à-oreille que quand ils sont revenus, ils ont rempli deux soirs au Forum [les 4 et 5 décembre 1987] d’une capacité de 17 000 personnes que même Duran ne pouvaient remplir. Alors six mois plus tard, on [KROQ] a suggéré qu’on les mette au Rose Bowl d’une capacité de 72 000 personnes”.

On entend Blade sur 101, commentant l’entrée de Depeche Mode dans le Rose Bowl de Pasadena, au volant d’une Cadillac décapotable classique des années 1950 pour annoncer leur concert à venir ici. Présenté par le bronzé et blond Blade, un Wilder comparativement pâle et embarrassé s’avance au micro : “On veut dire bonjour à tous nos fans qui nous écoutent et nous regardent ce matin, et on aimerait annoncer qu’en dernier concert spécial de notre tournée mondiale, le samedi 18 juin, on fera un concert pour les masses ici au Rose Bowl de Pasadena”.

Dave Gahan : “Quand on fait un concert comme [le Rose Bowl], il y a quelque chose qui est très religieux dans tout ça. Et ce n’est pas juste de la part des fans du groupe ; c’est réciproque aussi. On sent définitivement une masse d’énergie – enfin, moi, certainement – de tous les gens qui sont là, faisant les choses que tu fais et chantant avec toi. Je n’irais pas jusqu’à parler de vénération ou d’un truc comme ça, mais il y a une énergie incroyable que je ne pense pas qu’aucun de nous ne comprenne”.

Non pas que D.A. Pennebaker ne comprenait non plus : “Quand ils [Depeche Mode] ont décidé d’aller au Rose Bowl, ils ont un peu sorti leurs têtes, et comme tout entrepreneur ou n’importe qui qui chercher un trésor, ils tentent leur chance. J’applaudirais s’ils gagnent ; je ne vois pas ça comme le processus d’une méchante machine capitaliste. Je ne cherche pas à proposer une réponse – juste à montrer ce que je vois, ce qui est complexe et contradictoire. Ce qu’on espère faire avec ce film, c’est montrer une simultanéité de visions de manière à ce que les gens puissent voir toute la chose et en faire ce qu’ils veulent”.

Le jour du concert, venant juste de voir la foule colossale, comptant près de 70 000 personnes, Gahan vit un moment de panique en coulisses : “Je ne suis pas du tout sûr de tout ça. Je ne sais pas ; qu’est-ce que tu penses ? Oh, retournons à l’hôtel. Ils ont passé un bon moment. OMD a joué… Wire… Thomas Dolby. Ils s’en foutent”. C’est effectivement souligné par les images de olas dans la foule que Pennebaker a tourné pendant que White Eagle de Tangerine Dream s’entend en échos dans le vaste stade.

Son dilemne s’approfondit, tandis qu’il rumine sa présentation : “Je ne pense pas que je devrais dire Pasadena. J’y pense depuis des jours. Ça joue sur mon esprit”.

Alan Wilder : “Dave, je ne laisserais pas ça jouer sur ton esprit”.

Dave Gahan : “Je pense que je devrais dire : Bonsoir, tout le monde”.

Andy Franks : “Pourquoi ne pas dire simplement Bonsoir à tous. Bienvenue à un concert pour les masses”.

Dave Gahan : “Pour qui tu me prends ? Carrouf ?! Je suis sérieux. Que penses-tu que je devrais dire ? Pasadena ou Rose Bowl ?”

Durant l’événement, Gahan opte pour un superficiel “Bonsoir Pasadena !”. Tandis que le rideau tombe, le chanteur s’avance pour faire face au tonnerre d’applaudissements qui accueille Behind The Wheel. Durant Blasphemous Rumours, Dieu est devenu le chorégraphe non invité du groupe quand une pluie torrentielle anormale a exactement coïncidé avec la ligne “… puis est arrivée la pluie…”.

Alan Wilder : “On lui a jeté un mot là-haut”.

Richard Blade se souvenait de cette étrange vision : “Ils faisaient Blasphemous Rumours quand tout à coup, il a commencé à tonner et à pleuvoir. Sais-tu combien c’est rare au milieu de LA en juillet [sic] ? Et quand le groupe l’a fait suivre par Sacred et la pluie s’est arrêtée. C’était vraiment bizarre”.

Wilder a plus tard admis partager la nervosité pré-concert de Gahan : “Je me souviens d’être très appréhensif à propos de ça, m’inquiétant de tous les différents aspects du concert – le fait que pour toute la tournée, on a utilisé une sono et pour ce concert unique et spécial, on allait utiliser quelque chose de complètement différent ; et le fait qu’on devait employer toutes sortes de lumières additionnelles et différentes pour le faire, ça et l’autre ; et c’était juste un exercice logistique pour lequel on n’était pas vraiment préparés”.

Quand plus tard on lui a demandé quelle image encapsulait son temps avec Depeche Mode, la réponse de Gahan a été instantanée : “Pour moi, cette image du Rose Bowl. Il y avait un moment durant la chanson Never Let Me Down [Again] où j’ai sauté sur l’une des contremarches et j’ai remarqué quelques personnes dans le public qui agitaient leurs bras, alors je les ai rejoints et tout à coup 70 000 personnes le faisaient ! J’étais juste transporté ; je sentais les larmes en moi, et la sueur couler sur mon visage, mais c’était de la joie ! C’était comme : Ça ne sera pas mieux que ça. C’était étonnant – les garçons de Basildon réussissent”.

Alan Wilder : “Je suis sûr que Dave l’a encouragé [l’agitation des bras], et je suppose que c’est devenu une sorte de marque de fabrique sur scène après le film 101”.

Durant l’apogée du concert, 70 000 fans ont rejoint Gahan et ses sbirbes dans un chœur étendu et émotionnellement chargé reprenant le refrain de Everything Counts.

Dave Gahan : “Tout le monde qui était à ce concert, et une partie, a ressenti ce moment. Et tu sais, j’ai juste commencé à pleurer comme un veau sur scène. J’ai essayé de le cacher, de parâitre très macho et de faire mon truc, mais je suis juste resté planté là un moment sur cette contremarche, et je regardais. Et à ce moment, les bras de tout le monde étaient agités. J’ai regardé, et ça sonne kitsch, mais ça ressemblait à ce grand champ de maïs, ou peu importe, ondulant. Je me suis juste arrêté. Ça n’importait pas si je ne chantais pas ; ça arrivait simplement”.

Les caméras de Pennebaker ont capté intelligemment le comptable de la tournée, Johnathan “Baron” Kessler – un Américain qui se forgera des liens encore plus serrés avec Depeche Mode – et son équipe comptant les recettes du merchandising du Rose Bowl tandis que le mémorable mantra “Everything counts in large amounts” est chanté avec un tel enthousiasme devant leur caravane. Les nombres parlent d’eux-mêmes, tandis que Kessler s’exclame : “1 360 192.50$. Le public payant était de 60 453 personnes, ce soir au Rose Bowl de Pasadena, le 18 juin 1988. On a un tas d’argent. Beaucoup d’argent ; un tas d’argent – des tonnes d’argent !”

Dave Gahan : “C’était un coup de griffe à l’Amérique, la manière dont l’argent corromp…Quand tu tournes aux États-Unis, tout à coup, les choses comme le merchandising sont bien plus importantes que les ventes de billets. Le merchandising finance les tournées. Les gens parlent de contrats de multi-millions de dollars avec ceux qui fabriquent le merchandising. Avant de le savoir, vous pourriez aussi bien diriger une chaîne de boutiques de t-shirts ! Pour tourner aux États-Unis, tu dois vendre des t-shirts”.

C’est confirmé par un fan incrédule : “C’est la question : combien d’argent ils ont fait. Tu calcules. Les t-shirts à 23$ et les sweats à 32$ et à combien étaient les programmes – cinq ou 10 billets ? Dieu que j’aimerais être leur comptable !”

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Au moment où le Music For The Masses Tour s’est conclu au Rose Bowl, Depeche Mode avaient joué devant précisément 443 012 personnes. Cela fait beaucoup de t-shirts.

Dave Gahan : “On aime l’idée d’être assez ouvert sur ces choses, et on espère que les gens le prendront bien. C’est quelque chose qui est toujours taboo chez les groupes; même si tout le monde sait que les groupes font beaucoup et beaucoup d’argent, parfois bien trop pour ce qu’ils font. Mais tu ne dois jamais en parler parce que ça te détaché de ton public qui est censé être sur le même plan que toi”.

Mais Depeche Mode était une aventure commerciale, malgré Martin Gore plaidant autrement : “On a toujours voulu ce qu’est de la musique alternative”.

Dave Gahan : “Quand on a fait le film 101 et qu’on a joué au Rose Bowl en Californie, c’était un défi de toutes les choses. Les gens murmuraient : Ils ne vont jamais remplir cet endroit, et ce genre de trucs. On pouvait le sentir, mais, en même temps, j’avais une vraie confiance que ça allait bien aller. Et tout s’est vraiment bien passé”.

Andy Fletcher : “Personne ne croyait qu’un groupe alternatif pouvait jouer devant tant de personnes, alors ça a ouvert la voix pour beaucoup de groupes après nous, mais une grande partie de cette période est un peu embrumée !”

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La nature irrésistible du spectacle était confirmée, durant un bref dialogue post-concert entre Wilder et le mixeur qui révèle que les chants “étaient un travail extrêmement difficile”, auquel un attentif Wilder répond : “J’espère que tu as mis beaucoup de réverbérations dessus”. Le directeur de la tournée, J.D. Fanger se tourne vers un Gore au regard sidéré, disant : “C’est le genre d’endroits où les chants sortent toujours super secs ; on peut les mouiller, les mouiller et les mouiller, mais ils sonnent toujours clairs, hein ?”

Pennebaker passe alors à un plan en coulisses d’un Gahan clairement transporté, cachant son visage dans une serviette, consolé par une femme faisant dos à la caméra – possiblement Jo Gahan, qui a assisté au concert avec le bébé Jack ; vu précédemment dans le film quand son père qui l’adore lui donnait le biberon.

Martin Gore : “Le concert du Rose Bowl, bien sûr, était un événement vraiment spécial, mais je pense que comme on était tous si nerveux ce soir-là, à cause du tournage et de l’enregistrement de la chose – plus les 75 000 [sic] personnes – je ne pense pas qu’on l’a apprécié autant qu’on l’aurait dû”.

Alan Wilder : “On n’était pas capables d’être dans le moment – apprécier le moment – parce qu’on s’inquiétait trop. Alors, vraiment, personne n’a apprécié le concert. On n’a pas particulièrement bien joué ce soir-là. C’est seulement quand tu reviens dessus, et ça a été coupé sur le film, et que le son a été retapé, que tu te rends compte quel gros moment spécial ça a été pour nous en tant que groupe, et que on aurait en fait dû prendre le temps de l’apprécier un peu plus”.

Daniel Miller : “Avant tout, la pure échelle de ça était magnifique – juste l’échelle physique de la chose avec 70 000 personnes ; je n’avais jamais été à un concert avec 70 000 personnes. Deuxième, ce n’était pas que 70 000 personnes qui regardaient le concert ; c’était 70 000 personnes qui participaient au concert – qui répondaient vraiment. Tout le monde là-bas était fan ; ce n’était pas comme quelques personnes pensant, Eh bien, allons jeter un œil à ça et voir comme c’est. Il semblait que 70 000 fans étaient là – des fans de Depeche Mode…

101 était un événement record qui était remarquable par sa taille, honnêtement. Et personne ne peut y croire en Angleterre – ou ailleurs dans le monde – qu’on a vendu 78 000 [sic] billets au stade du Rose Bowl. C’est une réponse étonnante, et on voulait enregistrer ça, vraiment”.

Alan Wilder : “La performance au Rose Bowl n’était pas en fait une de nos meilleures, à cause de problèmes de contrôle, mais ça nous a certainement donné une crédibilité en Europe où personne ne croyait en notre popularité aux États-Unis”.

Incroyablement, près d’un mois après l’événement en question, Paul Mathur du Melody Maker a rapporté le triomphe américain de Depeche Mode en cinq petits paragraphes ; dont trois parlaient sévèrement des groupes de permière partie : “Thomas Dolby devrait, pitié, être enfermé. La meilleure prochaine solution est évidemment qu’il se trre à LA où les costumes tapageurs, les bavardages stupides, les chansons sur les idiots et les sets qui durent sans fin sont des créations communes”.

Prochains sur la planche à découper littéraire, OMD – particulièrement leur leader sur-confiant : “Andy McCluskey va vraiment devoir arrêter cette danse stupide bientôt, ou les hommes avec les gros filets vont arriver pour une seconde opinion”. Seuls Wire s’en sont sortis relativement sains et saufs : “Il se pourrait que Silk Skin Paws qui a retourné l’événement, sonnait comme du Springsteen dyslexique, touché. Là. Impressionnant ou quelque chose”. La conclusion indifférente de Mathur : “La performance était plus longue que la journée d’été dont elle est la bande sonore, mais il y a toujours assez ici pour suggérer que DM se couvrent le derrière pour quelque chose de plus piquant à quoi on ne pourrait s’attendre. Le soleil s’est couché, nous sommes rentrés chez nous et avons oublié que cela s’est passé. La vie est une plage parfois, comme l’a remarqué le Mexicain sous le siège”.

Daniel Miller : “C’est du rock de stade, oui, en ce qui concerne son contexte, mais pas en ce qui concerne la musique – de la pop expérimentale des stades, vraiment. Ils [Depeche Mode] n’ont pas changé la musique pour s’accorder. Le rock de stade est un genre spécifique de musique qui est presque taillé [pour les stades] – Simple Minds ; les gens comme ça”.

Néanmoins, le fait demeurait. Depeche Mode – un quatuor britannique constitué d’un chanteur, trois claviéristes (avec divers degrés de capacité) et une bande rythmique qui a on ne sait comment réussi à remplir un gargantuesque stade de sports américain !

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La popularité outre Atlantique renversante de Depeche Mode a frappé durement le spectateur de Basildon Robert Marlow, qui avait désormais mis à contrecœur ses propres projets pop en veilleuse : “Je me souviens d’être allé à l’avant-première de 101, le film de Depeche Mode, qui était fou en lui-même. Je me souviens de Dave qui arrive avec Jack, son petit garçon, et il a dû psysiquement jeter son petit garçon à sa femme de l’époque, Jo, parce que les gens se ruaient sur lui ! Je n’avais pas vu ce [genre de comportement autour de Depeche Mode) auparavant. Tout à coup, voir ce film 101 m’a soufflé – tout le concert au Rose Bowl, tout ce truc de voler dans leur propre avion customisé, et tout ce truc. Tout à coup, ils semblaient être passés de jouer dans les toilettes du Bridgehouse avec des graffiti sur les murs à avoir leurs propres loges avec des énormes gardiens – tout le truc !”

“C’était tout assez embarrassant, en fait”, Alan Wilder a confessé d’un air penaud. “Surtout l’avant-première à Londres, avec mes parents et mes amis assis là à nous regarder faire les imbéciles en massif cinémascope”.

Sans surprise, l’avant-première américaine du film le 28 avril 1989 a été tout aussi folle – sinon plus – avec Richard Blade de KROQ de plus en plus visible remplissant le Rock Report suivant pour Movietime : “C’était une scène comme les premiers jours de la Beatlemania – des centaines de fans hurlants sont arrivés pour accueillir les groupe britannique Depeche Mode à l’avant-première de Los Angeles de leur nouveau film. Ici à LA, et certaines villes américaines, ils ont le même effet sur leurs légions de jeunes fans adorants que Frank Sinatra, Elvis Presley, les Beatles et Duran durant leur époque”.

Comme si les paroles de l’excitable animateur radio et télé avaient besoin d’être soutenues, plusieurs “jeunes fans adorants” attendant devant le cinéma l’arrivée de leurs idoles ont offert leurs propres opinions. “Ils sont originaux ; leur musique est unique”, a dit un home habillé à la mode, tandis qu’une jeune femme portant le même chapeau noir au large bord porté que Martin Gore était d’accord. “Les paroles de Martin sont juste trop ; elles sont vraiment profondes, et elles veulent dire quelque chose”.

À son arrivée, Gore a esquivée l’inévitable question “Et après ?”. “J’en n’ai vraiment aucune idée. On se projete un an en avance, et si on aime toujours ça, je suppose que ce sera la vieille routine : on fera des disques et on tournera – si on aime toujours ça. Mais si on arrête d’aimer ça, on ne restera pas”.

Comparant 101 avec Rattle And Hum, un facteur financier séparait les deux dans le fait que l’affaire plutôt prétensieuse de U2 pesait apparemment un lourd coût de production de 5 300 000$ tandis que le docu de Depeche qui en révélait plus parait-il coûtait un poids plume relatif de 600 000$ ; montrant en fait un profit considérable (approchant 50 000$ net en deux semaines d’exploitation aux États-Unis).

Alors quelles étaient les vraies pensées de Depeche Mode sur le voyage sur les routes américaines qu’était 101 ?

Andy Fletcher : “Je pense qu’on a fait l’une des vidéos les plus honnêtes sur l’industrie musicale. On n’avait pas vraiment un album qui était haut dans les charts américains, mais on jouait devant des quantités ridicules de personnes ! On avait déjà fait une vidéo live à Hambourg, alors cette fois, on ne voulait pas de vidéo live normale et on ne voulait pas de rockumentaire. Alors on a trouvé cette idée de ces mômes qui gagnent un concours et qui nous suivent. Et ça marche”.

Alan Wilder : “De ma perspective personnelle, je ne toruve pas que le film soit une grande révélation ; il n’essayait pas d’examiner les dynamiques internes du groupe et ainsi je n’ai pas vraiment appris quoi que ce soir sur moi-même. Et on n’a jamais vraiment permis à Don Pennebaker de voir le côté plus sombre d’être sur la route.

“J’aurais pu avoir vécu sans l’angle fans dans le bus, bien que je suppose que sans eux, ça aurait juste été un autre film de tournée. Observer ce rituel presque religieux entre le groupe et le public était la seule perspective [qui] intéressait Pennebaker – c’est ce qu’il a essayé d’explorer, et, étant donné les circonstances, je pense qu’il avait raison de le faire comme ça”.

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(1) Bassiste de Joy Division/New Order, Peter Hook. 

(2) Avec son propre numéro de catalogue unique de 7 LITTLE15. 

(3) Nyman a d’abord appliqué le mot « minimalisme » à la musique durant sa carrière précédente de musicologue, avant de se faire mieux connaître comme compositeur de musique de film acclamé par la critique. 

(4) Un film Mute, co-réalisé par l’équipe de Pennebaker Associates Inc., David Hawkins, le partenaire créatif de longue date de D.A. Pennebaker, Chris Hedges et Pennebaker lui-même. 

(5) La date correcte était le 30 mars 1985. 

Traduction – 23 novembre 2009

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