Enregistrement avec les Anges

“Il y a quatre chansons sur l’album qui mentionnent un ange ou des anges, Playing The Angel fait partie des paroles d’une des chansons, alors il semblait faire référence à ce thème d’ange qui se passait”.
– Martin Gore, 2005

L’intérêt pour Depeche Mode était toujours élevé, grandement soutenu par le succès de Remixes 81>04 et ses millions d’exemplaires vendus, malgré le fait que c’était le premier album du groupe à ne pas rentrer dans le Top 10 britannique, s’arrêtant à la 18ème place. La ténacité de Fletcher à travailler avec une multitude de collaborateurs, à la fois des noms familiers et des remixeurs underground tendance, avait payé, ouvrant avec succès la voie pour un nouvel album de Depeche Mode – à condition que Gahan et Gore règlent leurs différences artistiques.

S’étant complètement chargé de quasiment toute la production de composition du groupe, Gore n’était pas du tout motivé à lâcher  le contrôle auquel il était devenu habitué. (1)

“J’essayais de faire passer à Martin via la presse que ce n’était pas quelque chose qui allait fonctionner à nouveau pour moi”, a confessé Gahan à Dan Cairn du Sunday Times en septembre 2005. “Je ne voulais pas faire un autre album qui donnait l’impression que j’étais dehors, à regarder à l’intéreur”.

Fletcher – à bien des égards la conscience de Depeche Mode – est resté optimiste dans sa perspective du début de l’année 2004, disant à l’auteur : “Je pense [qu’un nouvel album de Depeche Mode] arrivera à 95%, à moins que Dave ne sorte quelque chose de ridicule – comme vouloir six ou sept chansons sur l’album, ce à quoi Martin dire évidemment non”.

Durant les premières discutions, Gahan a effectivement exigé une répartition égale de l’écriture. Après de longues négociations délicates, il s’est finalement contenté de trois chansons sur 12. “C’était une question de devoir accepter ça ou ne pas continuer avec le groupe”, a dit Gore à Stephen Dalton du Times en septembre 2005. “Je ne nommerais pas ça un ultimatum, mais il était évidemment pour tous ceux impliqués que si Dave n’allait pas contribuer alors il ne serait probablement pas intéressé par continuer”.

Pris entre deux feux, Fletcher compatissait avec la position frustrée de Gahan : “À la fin, Dave hurle plus qu’il ne fait mal. Je pense qu’il est un peu frustré de ne pouvoir écrire [plus] de chansons. Son album solo lui a donné beaucoup de confiance, alors c’est peut-être pourquoi il voulait l’opportunité”.

Ayant eu ses propres incapacités musicales exposées quand Gore a hérité des rênes de composition de Depeche Mode par défaut, Fletcher était content de jouer au négociateur en chef. “Je suis assez soulagé, parce que mon attitude, c’est que si Dave écrit une chanson qui est assez bonne pour aller sur l’album, alors elle devrait être sur l’album. Ça me met ensuite dans une position assez puissante – une sorte de courtier pour les deux. Également, ça rend Martin très compétiteur. Il a déjà fait huit chansons environ ! Mais on a besoin de cette sorte de choses dans un groupe – on a besoin d’un côté tranchant”.

Le 12 janvier 2005, il a été finalement annoncé via le site de Depeche Mode que le groupe commencerait à travailler le 17 janvier avec Ben Hillier aux manettes.

Hillier venait de l’écurie 140dB Management de l’Ouest de Londres qui représentait une variété de producteurs de disques, ingénieurs du son, mixeurs et auteurs renommés à succès, dont Flood. (2) De plus, Hilliers avait de nombreux crédits de programmation de “Perfecto Remix” avec divers artistes – remontant au True Faith – 94 à succès de New Order – dont les Smashing Pumpkins, U2, Skunk Anansie et Duran Duran, bien que ses récents crédits orientés groupes à guitare (Blur, The Doves, etc.) auraient pu le cataloguer comme candidat peu probable pour produire Depeche Mode.

“Je ne sais pas qui m’a choisi, a dit Hillier, alors j’imagine que c’était une discussion entre le groupe et la maison de disques… J’étais un peu perdu quant à pourquoi ils m’ont demandé, parce que je ne savais pas qu’ils savaient même qui j’étais, et je n’ai pas fait beaucoup de disques électroniques récemment, mais je trouvais que c’était un choix intéressant de leur part”.

Andy Fletcher : “Daniel Miller, en gros, s’est retrouvé avec la tâche de trouver un producteur. Évidemment, Daniel connaît quel type de producteurs marche bien avec nous ; on avait quelques noms, et Ben en était un. On a rencontré tous les producteurs, et on a pensé que Ben était la bonne personne pour nous. J’ai trouvé qu’il était jeune, avide, prometteur, mais que ce n’était pas la musique qu’il avait fait avant. Je ne pense pas qu’on était de grands fans de la musique qu’il avait fait avant. C’était plus son attitude et son approche de faire la musique ; il s’est avéré que c’était un très grand fan de musique électronique”.

Martin Gore : “On n’était vraiment pas sûr de quoi serait le rôle de Ben vraiment, parce qu’il nous a été suggéré par Daniel, avec deux ou trois autres personnes qu’on a interviewées, et on l’a vraiment aimé comme personne au début. C’est vraiment difficile, je pense, de juger des producteurs sur le travail précédent qu’ils aient fait, parce que les autres groupes [avec] qui ils ont travaillé sont tellement différents de nous ; on ne sait jamais quel est leur rôle, en tout cas, parce qu’ils travaillent avec des équipes, et, évidemment, il y a les groupes eux-mêmes, alors aller à la première session, c’était vraiment comme aller dans le vide – ne pas savoir ce qui va se passer”.

Andy Fletcher : “Ben aime Depeche Mode, mais ne serait pas considéré comme un énorme fan, ce qui était aussi bien pour nous, parce qu’il n’avait pas de conceptions de ce qu’il avait à faire. C’était vraiment, Voici les chansons ; faisons un son. Et il n’y avait pas de disque passé auquel il devait penser”.

“Je connais probablement leurs trucs un peu plus qu’ils ne le pensent, a répliqué Hillier. J’ai peut-être perdu contact avec eux durant la deuxième moitié des années 1980, mais quand j’ai entendu Violator, je l’ai trouvé génial.

“Je pense que [Exciter] demande une écoute plus exigeante. C’était l’une des choses qui m’inquiétait, aller en studio – si Martin avait retrouvé ses chaussures pop. C’est la chose que j’ai toujours aimé chez Depeche, parce qu’ils font de la pop d’une manière dont peu y arrivent. C’est de la musique pop vraiment bonne et intelligente, que j’aime et je ne pense pas qu’il y en avait beaucoup sur le dernier disque”.

Hillier expliquait ses méthodes : “Je voulais incorporer beaucoup plus de sons analogiques du passé de Depeche Mode et apporter un usage plus évident de la guitare. Le truc que je fais en général, c’est habituellement beaucoup plus basé sur la guitare que Depeche Mode, alors je ne voulais en aucun cas faire un album de guitare, mais je voulais faire quelque chose qui avait une palette bien plus large que le dernier album et avait un son en quelque sorte plus sale, plus croustillant et plus méchant”.

Fletcher a révélé à l’auteur qu’il avait entendu des démos de Gore du groupe destiné à Depeche dès Noël 2003 : “Il y a des mélodies fantastiques dans toutes les chansons – des tons mineurs, mais avec de grandes mélodies. L’une de mes parties préférées d’être dans Depeche Mode, c’est quand Martin fait une démo et me l’envoie, ou qu’il me la joue, et c’est vraiment excitant – le début de tout. Je suis vraiment ravi d’en avoir un exemplaire, et en une semaine on entend tout à coup une autre mélodie qu’on avait pas entendu avant – découvrir des choses au fur et à mesure”.

Les deux compositeurs ont admis être nerveux quant à comment leurs nouvelles chansons seraient accueillies. “Pour moi, c’est toujours une perspective effrayante, a confessé Gore, pensant à tout l’album : combien de morceaux iront dessus ? Au début, on ne savait pas exactement combien de chansons seraient écrites par Dave, mais même la pensée de devoir écrire neuf chansons, ou peu importe, c’est toujours un peu flippant”.

“Je pense que Mart était juste aussi nerveux que moi, honnêtement, de faire écouter ses chansons, Gahan était d’accord. C’est vraiment une expérience assez douloureuse”.

Ben Hillier : “Martin avait déjà sept chansons quand on a commencé les sessions, et Dave en avait environ 15. Certaines de Martin étaient très accomplies, et certaines étaient des idées brutes, [mais] ils avaient tous les deux toutes leurs paroles et tout écrit avant de commencer”.

Le lieu du studio choisi était le Sound Design à Santa Barbara récemment rénové appartenant à Dominic Camardella, près de celui californien de Gore, scène d’une partie des sessions Exciter clivantes quatre ans auparavant. Joignant Hillier à la console pour les cinq semaines étaient les programmateurs associés Dave McCracken (autre client de 140dB Management, qui était également utilisé comme pianiste) et Richard Morris (servant aussi d’ingénieur aux côtés de Hillier). Jonathan Kessler s’est coltiné la tâche onéreuse de coordonner la livraison du matériel du groupe de Londres à New York à temps pour l’agenda d’enregistrement.

Gore a contribué la part du lion de la douzaine de chansons, dont Precious et Macrovision (le produit fini des deux sonnant proches des démos originales), tandis que les offrances de Gahan (Suffer WellI Want It All et Nothing’s Impossible) ont été co-écrites avec les associés de Depeche, Christian Eigner et Andrew Phillpott. (3)

Ben Hillier : “Dave a pas mal de bons morceaux qu’il a écrits ; il affine en quelque sorte son art en tant que compositeur, et la meilleure manière de la faire, c’est d’écrire beaucoup de morceaux et ne pas être trop critique envers eux… Les morceaux qu’on a fini par choisir s’intègrent en quelque sorte ; ils s’intègrent sur le plan des paroles, ou ils ont un groove sympa. On les a choisis avec soin pour s’assurer qu’ils fonctionneront au sein de l’album”.

“Il n’était pas question de choisir les meilleures chansons ; c’était une question d’utiliser des chansons qui s’intégraient à l’album, a confirmé McCracken. J’ai essayé de faire des chansons de Dave et des chansons de Martin des chansons de Depeche Mode ; ils écrivent très différemment. I Want It All a été très difficile – le transformer en morceau de Depeche Mode à partir d’un morceau de Dave Gahan. Une partie de mon boulot, c’était de garder Martin impliqué alors que Ben était parti faire autre chose, de manière à obtenir des parties Martin pour des chansons de Gahan. Martin était là 24 heures sur 24 à faire ça”.

Dave Gahan : “Je pense qu’il y a un sentiment sous-jacent à l’album, et ça arrive toujours progressivement quand on commence l’enregistrement ; peu importe ce que tu mets dans la marmite, ça devient Depeche Mode, et c’est définitivement ce qui est arrivé aux chansons de l’album auxquelles j’ai contribué. En arrivant au studio, je ne les entendais pas du tout comme ça – peut-être Suffer Well, mais I Want It All est allée dans une direction assez différente de ce que j’avais imaginé et assez rapidement, j’ai commencé à apprécier ça… Une fois que Martin a écrit un peu plus de chansons, on a commencé à voir qu’il y avait une sorte de continuité ici qu’il essayait d’exprimer également – en quelque sorte le sentiment de ce qui se passait sur l’album, et sur le plan des paroles, je pense qu’elles fonctionnaient ensemble, et je pense que c’est important pour un disque – à tout un corps d’œuvre… qu’il y a un lien ici”.

Martin Gore : “Une grande partie de nos chansons traitent de sujets qui ne sont pas exactement des thèmes pop, et il y a la blague qu’on allait mettre au dos de l’album en petites lettres, Douleur et souffrance dans divers tempos, ce qui nous a fait rire un peu, et nous fait toujours sourire”. (4)

Le rôle de Hillier s’est étendu plus loin que celui de simple producteur ; il écumait souvent internet, traquant des synthétiseurs analogiques qui ont contribué à définir le son de l’album. Dans une interview de novembre 2005 avec le magazine Keyboard, il a expliqué : “Je ne voulais pas avoir trop de batterie live en soi ; je voulais être fidèle à l’héritage [de Depeche Mode] en utilisant des synthés pour créer la section rythmique elle-même. L’autre grande différence, c’était les séquenceurs analogiques ; on a enregistré beaucoup de passages live, puis on a pris les samples de ces performances comme base des chansons”.

Gore, en particulier, a adhéré à l’approche de Hillier : “On avait tellement de synthés en studio, et, avec Pro Tools, assez de pistes pour tous, alors c’est possible d’enregistrer des choses de 500 manières différentes et d’auditionner chacune en cliquant sur un bouton, mais ça peut te freiner”.

De manière intéressante, le premier synthé monophonique (non programmable de Gore – le diminutif Yamaha CS-5 – a fait une apparition sur le coup de sirène qui lance A Pain That I’m Used To – bien que de la manière typiquement lourdement transformée de Hillier.

Andy Fletcher : “Cette chanson est passée par beaucoup de stades. On était décidés sur l’arrangement de base – l’intro “sirène”, puis la basse pulsante, puis Dave arrive avec la ligne d’ouverture, [mais] le rythme ne semblait jamais bouger proprement”.

“Ça a été l’une des choses les plus difficiles à obtenir”, se souvient Gore, estimation corroborée par McCracken : “Le refrain était génial mais les couplets ne fonctionnaient pas. On en a fait plusieurs versions”.

A Pain That I’m Used To a été également notable pour la reprise de Fletcher de son rôle longtemps négligé de bassiste, ce dont McCracken s’est rappelé sardoniquement : “Fletch a quelque chose à dire tout le temps – Ça devrait être ça et ça, alors on lui a donné [la basse] en lui disant, Tu le joues, alors ! Ça l’a tu pendant une heure”.

Ainsi que pour les synthés classiques, Hillier était tout aussi adepte à enregistrer des guitares, possédant une grande collection de pédales d’effets vintages, dont de nombreuses ont été dûment mises à l’œuvre pour augmenter l’impressionnante collection de Gore. Les techniques peu orthodoxes de Hillier ont pu avoir impliqué “Martin qui jouait de la guitare via un synthé, par exemple, a dit le producteur à Keyboard, mais dans la pièce d’à côté, on [a] deux ou trois synthés qui allaient dans différents amplis, avec des micros différents, pour obtenir toutes ces textures qu’on [peut] ensuite fusionner durant le mixage”.

Les talents de batteur du multitâche Hillier ont émergé de manière inattendue en travaillant sur John The Revelator de Gore, qui a été captée en à peine six heures, selon McCracken.

Dave Gahan : “Mart est allé dans l’autre pièce et a commencé à jouer avec cette idée, alors on pouvait l’entendre la développer un peu, [ce qui] était en quelque sorte excitant. On n’était pas sûrs de là où il allait, mais quand on a commencé la session suivante, on s’y est mis, [commençant] avec de la grosse batterie ; Ben s’est mis à la batterie et a commencé [à jouer]… C’était particulièrement marrant ; Mart jouait, et j’ai pris le micro – Ben aime travailler comme ça… assez vite”.

Quatre semaines après le début des sessions, Fletcher s’enthousiasmait : “C’est une atmosphère fantastique ; le groupe s’entend très, très bien – on s’entend bien avec l’équipe aussi, et je pense qu’on a fait à peu près huit ou neuf morceaux, ce qui est en quelque sorte un record pour Depeche Mode. On a une semaine à travailler avant quatre semaines de repos, alors l’humeur en ce moment est très optimiste”.

Les sessions ont ensuite été transférées aux Stratosphere Sound Studios de New York sur la West 26th Street – à côtés de l’appartement de Gahan – pour plus de travail sur les chansons utilisant une console analogique Never de 1979 modifiée appartenant à Adam Schlesinger de Fountains of Wayne et l’ancien guitariste des Smashing Pumpkins James Iha. Certaines touches finales ont été rajoutées aux Whitfeld Street Studios de Londres avant que le mixage ne commence avec Steve Fitzmaurice à la barre.

Tous les intéressés semblaient satisfaits du produit fini, avec les membres du groupe attribuant les résultats à l’approche calme mais énergique de Hillier.

“Il a cette sorte d’aura qui l’entoure, a décrit Gore, et je pense que ça nous a aidé à bien nous entendre, parce qu’il ne s’énerve jamais, et ça influence toute l’atmosphère du studio”.

Andy Fletcher : “Je pense qu’il a une vision générale très, très bonne. Il nous écoute tous ; il est juste, et c’est un très bon superviseur de tout le projet… Il se peut que ce soit l’album qui ait été le plus facile à faire depuis Speak & Spell, qui a été fait en trois semaines, parce qu’on jouait sur scène beaucoup à l’époque”.

Ben Hillier : “Je suis très fier du disque en entier, en fait – obtenir un disque cohérent du [groupe] qui sonne excitant… Peut-être que j’étais plus enthousiaste qu’eux par moment, mais je suis très fier d’eux pour l’atmosphère dans laquelle on a fait le disque. Elle était très bonne ~ très créative. On a pu expérimenter avec beaucoup de trucs, et tout le monde était vraiment partant. J’ai travaillé sur des disques auparavant où on finissait avec des gens qui critiquaient sèchement des trucs, où les gens ne sont satisfaits de rien. Il n’y avait rien de ça ; tout le monde en était très enthousiaste”.


Le 27 mai, le site web de Depeche Mode a aguiché son public mondial avec la nouvelle que le groupe fera une annonce spéciale le 16 juin lors d’une conférence de presse à Düsseldorf. À cette date, le groupe a fait une pause dans le mixage pour monter sur une scène improvisée dans la nouvelle LTU Arena de la ville industrielle allemande.

En tant que porte-parole, Fletcher s’est adressé de manière concise à la foule assemblée : “Bienvenue à tous les médias et tous les fans qui sont venus cette après-midi. On travaille depuis janvier sur notre nouvel album. L’ambiance a été géniale, et on est confiants que cet album sera parmi nos meilleurs. C’est ainsi avec grand enthousiasme qu’on pense être désormais en position pour annoncer fièrement la prochaine tournée mondiale de Depeche Mode”.

Fletcher s’est assis aux côtés de Gore et de Gahan devant une grande banderole conçue avec goût “Depeche Mode Tour 2005/2006” avant une brève session de questions-réponses, présidée par le promoter allemand Marek Lieberberg. Le groupe a admis que l’album n’avait toujours pas de titre, bien qu’ils étaient “ouverts aux suggestions” en préparation de sa sortie prévue pour la mi-octobre. La conférence s’est terminée sur une note de fête quand Miller, Kessler et Anne Berning de l’opération allemande de Mute ont rejoint Fletcher, Gahan et Gore sur scène pour célébrer encore un autre événement marquant de Depeche Mode, tandis que Berning annonçait que le groupe avait reçu un Platinum Award pour Remixes 81>04 atteignant 200 000 exemplaires vendus en Allemagne, certifié par la Fédération Internationale de l’Industrie phonographique.

L’album a finalement été nommé Playing The Angel le 4 juillet. Dans l’EPK qui l’accompagnait, Gore expliquait les origines du titre : “Playing The Angel est une paroles d’une des chansons, intitulée The Darkest Star, qui sonne déjà assez sombre, hein ? Mais je pense qu’il a différentes significations sur divers niveaux, et c’est pourquoi on l’aime, on a toujours assez aimé un peu d’ambiguïté”.

Dave Gahan : “Je ne pense pas qu’il dise directement quoi que ce soit sur les chansons qui sont sur l’album. C’est juste un jeu de mot qui sonnait bien… On a fait ça dans le passé aussi, quand on cherchait le titre d’un album. Parfois tu regardes simplement les paroles et tout et quelque chose ressort, et tu aimes juste la manière dont ça sonne.

“Quand on a commencé cet album… il y avait définitivement des choses à régler. Ça a toujours été comme ça. C’est ce sentiment de, On a fait des albums vraiment, vraiment bons ensemble… mais il y a toujours ce sentiment qu’on veut faire le meilleur album qu’on puisse faire, et on s’efforce toujours à l’atteindre”.

Un mois plus tard, Mute a mis à jour le bio d’auto-promotion de Depeche Mode pour inclure la mention des morceaux de l’album et de la tournée à venir : “Playing The Angel est plus rapide que les deux derniers albums de Depeche, intensifiant la sensation d’urgence et de vitalité…

On peut discerner une sensation d’optimisme, de vigueur renouvelée, de plaisir de ce qu’ils ont atteint… Il est également évident du pur ravissement que ressentent Dave, Martin et Andy à être de retour dans Depeche Mode – la veille de la sortie d’un excellent album et d’une gigantesque tournée mondiale à guichets fermés – qui confirme l’énormité de leur public mondial”.

Fletcher, désormais 44 ans, a résumé l’échelle de la tâche qui s’annonçait : “On te jette hors de tes vies individuelles sympathique pour revenir dans une période de deux ans où tu travailles dur et qu’il y a beaucoup devant toi – un grand challenge. Évidemment, il y a cette peur de Peut-on toujours faire ça ? Peut-on toujours créer quelque chose qui soit excitant et nouveau ? Peut-on toujours partir en en tournée ?”.


(1) En décembre 2004, Gahan et Gore ont contribué à une sélection à respectivement 60/40 de 10 chansons d’une playlist Célébrité de iTunes. Pour la “Playlist de Depeche Mode” résultant, Gahan a choisi David Bowie (Moonage Daydream), Iggy & The Stooges (Gimme Danger), Nick Cave & The Bad Seeds (Hiding All Away), Neil Young (A Man Needs A Maid), PJ Harvey (The Desperate Kingdom Of Love) et les Beach Boys (God Only Knows). Gore a opté pour Ray Charles (That Lucky Old Sun), Louis Armstrong (Sometimes I Feel Like A Motherless Child), Kris Kristofferson (Sunday Morning Coming Down) et Ray Price (Night Life). 

(2) Hillier avait auparavant été crédité pour travail additionnel d’ingénieur du son avec Flood sur l’album Loveboat d’Erasure en 2001.

(3) “On a écrit bien plus que ces trois là, a révélé Eigner. Je ne sais pas ce qui arrivera aux chansons restantes. Elles sortiront définitivement à un moment ; elles sont trop bonne pour rester inédites”.

(4) Durant les premières semaines, Fletcher a documenté des bribes des sessions qui seront plus tard postées avec succès sur le site de DM sous la bannière ironique de FletchCam™, suivant quelques montages constructifs via le webmaster Daniel Barassi, alias “The Brat”. Pour les observateurs externes, ces fichiers en ligne fournissaient un aperçu dans la création de l’album, tout en capturant également l’ambiance créative et la bonne humeur d’un groupe apparemment à l’aise avec lui après les récents hauts et bas.

Traduction – 3 février 2017

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