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Gorillaz

(Gorillaz) Q – novembre 2010 : Tout le monde sur le pont !

Laissant échapper les masques de dessin animé, Gorillaz ont laissé derrière eux “le fiasco marrant” de Glastonbury et s’occupent à faire saigner des nez… Lire la suite

Q – mai 2010 : Les 100 plus grands leaders – 4. Damon Albarn

“J’ai toujours su que j’étais incroyablement spécial. Toute ma vie.
Tu sais ? Ce n’est pas vraiment grand chose”.
Damon Albarn, 1991
L’homme de la renaissance
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Q – avril 2010 : GORILLAZ Plastic Beach

Parlophone. CD/Téléchargement
Sortie le 8 mars
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(Gorillaz) The Times – 10 mai 2010 : Singe voit, singe fait, singe tourne : le Gorillaz est de retour

“Moi je dis, elles sont jolies !” s’exclame Jamie Hewlett quand Damon Albarn entre à grandes enjambées dans les quartier généraux du duo dans l’Ouest londonien. L’objet de sa fascination ? Albarn, son pote dans Gorillaz, fait une nouvelle paire de richelieus brillants, juste comme ceux qu’appréciait particulièrement Monsieur Bruit de la sérié des Monsieur Madame. Loin d’être bruyant, cependant, Albarn est en mode un peu plus contenu que sa nature combattive normale. C’est le lendemain matin des élections. Avec sa compagne de long terme Suzi partie, Albarn n’est jamais allé au lit. Il a passé toute la nuit sur le canapé, scotché au chaos émergeant jusqu’à ce qu’il soit l’heure d’emmener sa fille Missy à l’école. Lire la suite

Mojo – mai 2013 : Essex Machines – Blur et solo

Le groupe qui se réinvente

Par Danny Eccleston

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The Age – 24 août 2008

Monkey voit, Monkey fait

Prenez le cerveau Britpop derrière le groupe illustré Gorillazn faites lui composer un opéra chinois, ajoutez y de la Cantopop et fondez le sur légende play-back Monkey. Damon Albarn et Jamie Hewlett parle à Stephanie Baunbury de leur plus bizarre collaboration.

Damon Albarn, Jamie Hewlett et moi-même nous nous tenons sur le balcon de la Royal Opera House de covent Garden où l’énorme œuvre sur laquelle ils ont collaboré se déroule sur scène, à regarder des flammes qui vrombissent hors trottoir cinq étages en dessous de nous par une grille. La cuisine d’un restaurant est en feu.

“C’est mauvais en bas. Ça va exploser d’une minute à l’autre”, observe Albarn, avec  l’air d’un homme qui connait ses feux souterrains. Les flammes s’étalent sur quelques mètres et les boutiques avoisinantes ont été évacuées. Ne devrions-nous pas nous éloigner un peu ? “Peut-être, dit Albarn au-dessus de la rue vide, mais j’aime bien le danger”.

Albarn a fondé sa carrière en faisait fi du danger, bien qu’habituellement il soit musical. L’ancien leader de Blur, et Hewlett, l’illustrateur du tonnerre avec qui il a inventé le groupe “virtuel” Gorillaz, sont également les deux tiers de la collaboration qui a produit Monkey: Journey To The West.

Monkey, sorte d’opéra contemporain d’acrobaties chinoises fondé sur une saga de la dysnastie Ming à propos d’un méchant roi singe qui veut être immortel, est l’idée personnelle du metteur eb scène chinois admiré Chen Shi-Zheng, qui a mis en scène plusieurs spectacles chinois contemporains aux États-Unis.

Albarn a écrit la musique basée sur l’échelle et les formes musicales chinoises ; Hewlett a conçu les personnages et les décors. Les paroles sont en mandarin, avec de simples sous-titres. Rien de cela ne devait fonctionner, mais Monkey a reçu des critiques dytirambiques depuis sa première lors d’un festival d’arts à Manchester l’année dernière.

Peu de musiciens, je suggère à Albarn, seraient prêts à s’attaquer à une tradition aussi ancienne et rarifiée que l’opéra chinois sans broncher.

“Ouais, mais…” commence-t-il – ayant vu la cavalerie arriver sous la forme des pompiers de Londres, il est revenu à son café – “je ne m’inquiète pas des trucs comme ça. Je ne pense pas que j’aurais mis un pied dans la Royal Opera House si je n’étais pas concerné par ces choses”.

Quand c’est arrivé, Albarn savait autant – ou rien – sur l’écriture d’un opéra que la culture chinoise.  “Il y avait le même niveau d’ignorance à propos des deux vraiment. Je ne parle pas la langue et je n’ai jamais écrit quelque chose qui ressemblait vaguement à ça avant”.

Ils avaient aucune idée s’ils pouvaient le faire, dit Hett, mais ils n’allaient pas refusé le voyage de recherche dans les régions rurales de la Chine. Chen a emmené Albarn et Hewlett cinq fois en tout en Chine. Cela a demandé 18 mois à Albarn de produire son premier morceau, une version personnelle rythmiquement gonglée d’un morceau de pop chinoise féminine intitulée Heavenly Peach Banquet.

“Je trouve qu’elle a beaucoup d’humour, dit Chen. La pop de Hong Kong est si belle et si naïve. C’est Damon qui prétend être naïf et on se moque de lui. Désordonné est un mauvais terme, mais il a pris une mélodie, s’est amusé avec et a mis des bruits dessus, la tordue et a traité le son de manière à ce que rien ne transparaisse”.

Hewlett, pendant ce temps, travaillait sur des dessins de personnages qui seraient approuvés par Chen. Au début, dit Chen, il référençait sa recherche de manière trop lourde. “Ils étaient trop chinois. Ça lui a pris longtemps pour s’éloigner de ça, dessiner Monkey à partir de son imagination. Je voulais surprendre les gens, s’éloigner de ce qui avait été fait. Et Jamie a beaucoup d’humour quand tu traines avec lui et je voulais que ça se voie. C’est une B.D., après tout”.

Hewlett dit qu’aujourd’hui il pense qu’il a eu une tâche plus facile qu’Albarn. “En tant qu’artiste, je ne peux vraiment pas me tromper. C’est une culture complètement fondée sur l’image : la langue est écrite en caractères, ce n’est que des pictogrammes”.

Ce mois voit la sortie d’un album studio de la musique de Monkey, avec des illustrations de Hewlet qui sont bien plus sombres et plus perverses que les designs éclatants qu’il a fait pour les décors et les personnages sur scène.

“Je voulais sortir l’album de manière à ce qu’il y ait un disque, littéralement, de la manière dont j’y pense dans ma tête”, dit Albarn. Mais la musique devrait exister seule, continue-t-il, parce qu’elle n’a pas été composée comme un accompagnement à l’action.

“Je n’allais pas commencer à faire de la musique qui conduit la narration, parce que c’est tout simplement guère sortable ; ça devient de la musique de film ou de dessin animé. Ils courent. On ne peut pas vraiment travailler comme ça. J’ai juste écrit beaucoup de musique et lentement, j’ai tout assemblé”.

Il dit qu’il a composé sa propre musique en utilisant l’échelle pentatonique ; autre part, il a décrit l’écriture à l’aide d’un système d’étoiles à cinq ou sept branches qu’il tournait, on suppose au hasard, pour produire des combinaisons inattendues de notes. Même ainsi, comme l’ont observé les critiques, la musique esr complètement Albarn.

“L’un des trucs les plus remarquables d’Albarn, a écrit Alexis Petridis dans le Guardian, également montré sur l’album Mali Music de 2002, est sa capacité à s’imprimer d’une quelque manière sur la world music d’une manière modeste”.

Ce qui rend l’approche d’Albarn de l’idiome chinois entièrement distinct, dit Chen, c’est son approche du rythme et les sons qu’il découvre. Son orchestre s’étendait de cordes au tuba, mais incluait également des instruments chinois comme le pipa – une sorte de luth – et les Ondes Martenot, un instrument électronique des années 1920 qui produit un soupir oscillant, un peu comme le son d’une scie. Albarn et ses collaborateurs ont également inventé leur propre instrument, une sorte de klaxon fabriqué en plexiglas, pour produire les sons des rues de Chine aux côtés du ronronnement des cordes classiques.

“Pour moi, surtout avec le disque, c’est un morceau moderne, dit Albarn. Ça n’essaye pas d’évoquer du tout l’époque d’une légende. C’est le centre-ville de Pékin, Shanghai ou Tokyo. C’est l’Asie moderne : légèrement cinglée, très colorée, assez sexy, mais toujours un endroit assez sinistre”.

Inévitablement, la moralité d’investir la culture chinoise a été mise en doute, surtout depuis que des versions plus aimables des personnages de Monkey ont été commissionnées par la BBC comme lien promotionnel pour sa diffusion des Jeux Olympiques. Monkey, Pigsy et Tripitaca de Hewlett rencontrent divers morceaux d’équipement sportif ; le ton est frivole. Il y a une sorte de malaise, a dit Albarn au journaliste musical britannique Paul Morley, dans le fait qu’il est habitué à être dans le camp des protestateurs.

“Je me retrouve dans l’étrange position que, bien que je suis d’accord avec la charité, je comprend que l’hôpital se fout de la charité. Je ne suis pas du tout d’accord avec ce que fait la Chine, mais je pense que c’est important que le dialogue continue ou ils disparaitront pour toujours derrière un mur”.

Hewlett, aussi, dit qu’il faut garder les lignes ouvertes. “Si tout nous explose à la tronche, je continuerai à prendre mes responsabilités dans ça. Le niveau de compréhension à l’Ouest de ce vaste pays et ses habitants est très basse et, si tu en as l’opportunité, pourquoi ne pas faire ce que tu peux pour y mettre de la lumière ?”

En septembre, cependant, ils passeront tous les deux au prochain projet qui, disent-ils vaguement, pourrait s’appeler Carousel, pourrait avoir quelque chose à voir avec l’Espagne mais, en ce moment, c’est juste beaucoup d’idées et de morceaux de musique. Le défi est de continuer à faire des choses qui sont complètement différentes de ce qui a été fait auparavant. Et si elles semblent impossibles, mieux c’est. Ce sens du danger : cela rend les choses vivantes.

*

CHANGEMENTS D’HUMEUR

L’opéra chinois est juste la dernière incarnation musicales d’Albarn.

1994 Britpop
Les rivaux snobs des frères Gallagher ont eu du succès avec l’Anglomanie de gosse du troisième album de Blur, Parklife. Il était tendance de les rejeter comme Mockneys, mais ce n’est pas mauvais du tout.
2002 Fusion africaine
D’abord Albarn a tourné en Afrique. Puis il a édité 40 heures d’enregistrements live en 16 morceaux de son de corde pincée en sardine avec le garçon blanc jouant un rôle secondaire (en fait du mélodica) derrière les gens locaux sur Mali Music.
2005 Hip-hop au pantalon taille basse
Le groupe illustré Gorillaz a utilisé la voix et les paroles d’Albarn et les images du créateur de Tank Girl Jamie Hewlett. Le second album au grand succès, Demon Days, a ravivé la carrière de De La Soul avec les sales riffs de Feel Good Inc..
2007 Psycho-géographie
Le nouveau supergroupe d’Albarn, The Good, The Bad & The Queen, a canalisé l’angoisse millénaire de l’écrivain londonien Iain Sinclair pour un travail de romain au travers de nouvelles propriété et les rues ondulées. Le groupe enregistre un album funk le mois prochain.

Traduction – 18 mars 2009

Observer – 6 novembre 2005

Le coup de théâtre d’Albarn

Le spectacle de Gorillaz est de bonne augure pour le nouveau festival des arts de Manchester

Gorillaz
Manchester Opera House

Avons-nous vraiment besoin d’un autre festival des arts et de la culture, quand nous avons le gigantesque Edimbourg, un Glastonbury de plus en plus divers et Liverpoool capitale européenne de la culture en 2008 ? Selon Alex Poots, directeur du premier Manchester International Festival, qui va se tenir durant l’été 2007, c’est le cas.

Le festival de Manchester sera le seul événement mondial consacré à présenter en exclusivité des œuvres nouvellement commissionnées. Poots, dont la nouvelle position a mis fin à son poste de directeur des arts contemporains de l’Opéra National Anglais (ENO), a un CV impressionnant de revitalisation de la commission et programmation des arts.

Son ambitieux “opéra ragga” sur la vie du Colonel Kadaffi, écrit par des membres de Asian Dub Foundation, sera mis en scène à l’ENO l’année prochaine, et il compare l’expérience de son coup où il a amené le compositeur vénéré de bandes originales de film, Ennio Morricone, à Londres pour jouer sur la scène du Barbican en 2001 comme “un film de Fellini”.

Présent à l’événement Morricone était le chanteur de Blur, Damon Albarn, dont la première collaboration musicale avec son ami, le dessinateur Jamie Hewlett, allait sortir sous le nom de Gorillaz. Il ne pouvait savoir que son groupe mystérieux de personnages animés éclipserait la célébrité de Blur en dehors de la Grande Bretagne, vendant six millions d’exemplaires de leur premier album éponyme, et, à ce jour, quatre millions de Demon Days, son successeur de cette année.

Tout juste alors que Poots a accepté le poste à Manchester, Albarn a appelé le directeur pour avoir ses conseils à proppos de la mise en scène d’un spectacle live de Gorillaz. Non seulement c’était le germe d’une idée qui deviendra l’énévement de lancement “pionnier” du Manchester International Festival la semaine dernière, mais, comme Poots l’a révélé au deuxième des cinq soirs de Gorillaz à l’Opera House de la ville, Albarn et Hewlett font partie des premiers artistes à être commissionnés pour l’événement de 2007, pour une nouvelle œuvre impliquant des musiciens traditionnnels de Chine.

En faisant ainsi, Albarn s’est révélé être le seul musicien britannique au grand profil qui semble vaguement intéressé par incorporer les vastes richesses de la world music dans sa propre œuvre.

Cette combinaison puissante d’Albarn et de Hewlett, le remarquable Demon Days (qu’ils ont joué dans son intégralité), et l’ambition de Poots, combinés à la confiance en soi et la volonté hérissées de Manchester, n’allait jamais échoué.

Il y a quelques occasions où, quand on regarde un concert de rock conventionnel, on sent qu’on regarde une performance qui tiendrait dans le spectre grand à petit, sublime à ridicule de l’art, mais c’était le cas de celui-ci.

Peu importe si le concert a commencé avec des marionnettes en 3D des membres de Gorillaz Murdoc et 2D qui répétaient des phrases comiques. Le fait qu’elles étaient là, un chœur de marionnettes jetant du popcorn de la box royale, était assez hilarant.

Avec eux, nous avons été les témoins de l’arrivée et du départ de 87 musiciens et chanteurs sur la scène en l’espace d’une heure, dont Neneh Cherry (paraissant maigre d’une manière désarmante tandis qu’elle se déhanche sur le grondant Kids With Guns), Ika Turner (resplendissant dans un costume en peau de lézard orange); Roots Manuva sa capuche en fourrure et la Manchester Community Choir qui glousse sans arrêt.

Albarn restait assis les genoux fixés sous un piano, dirigeant toute l’affaire avec une succession de signaux de main impatients à son groupe, étayés avec une énergie impitoyable du batteur Cass Browne.

Sous sa direction, le mouvement mélancolique de la forme enregistrée de Demon Days a été transformée en un son live plus agressif qui résonne dans vos os, levant le public, leurs mains et portables en l’air.

Le clou de la soirée a été lorsque le plus petit membre du chœur d’enfats, constitué d’élèves de l’école primaire de Wythenshawe, est sorti des rangs durant Dirty Harry pour faire une démonstration de pas de danse les plus terribles depuis le premier moonwalk de Michael Jackson. L’Opera House aurait pu s’envoler sous le grondement du public.

Du plus petit gars à l’agité Albarn enchanté, le collectif de Gorillaz semblait dire : regardez ce qu’on peut faire si on travaille ensemble.

Lynsey Hanley

Traduction – 10 mai 2008

Telegraph – 2 novembre 2005

Un mélange parfait de son et de vision

David Cheal chronique Gorillaz à l’Opera House de Manchester

Eh bien, on ne peut accuser les créateurs du Festival International de Manchester de manquer de perspicacité. Cette nouvelle installation dans le calendrier culturel n’a pas commencé à se réaliser avant juin 2007, pourtant il est déjà annoncé en grande fanfare, une semaine de concerts à l’Opera House de Manchester avec Gorillaz, le groupe “virtuel” de personnages de BD créés par l’ancien chanteur de Blur, Damon Albarn, et l’artiste de BD Jamie Hewlett, dont le premier a eu lieu hier soir.

L’unique avantage du festival est qu’il comprendra des œuvres nouvelles et créées spécialement dans un éventail de disciplines avec une emphase particulière sur la musique.

D’où l’annonceur : cinq concerts consécutifs lors desquels la plupart des collaborateurs du dernier album de Gorillaz, Demon Days, qui s’est vendu à trois millions d’exemplaires, interprètent l’album dans son intégralité sur scène pour la première fois.

Avec leur combinaison de succès et de crédibilité artistique, Gorillaz semblerait parfait pour lancer cet ambitieux nouveau festival.

Alors, comment était cette soirée ? En un mot : extraordinaire. Des artistes géniaux se sont battus pendant des décennies pour trouver un mariage confortable entre le son et la vision, mais ici, ils étaient parfaitement mélangés. Et je ne parle pas uniquement du flot d’images et d’animations faites sur mesure (surtout par Hewlett) projetées sur l’écran situé au dessus de la scène.

Il y avait une cohérence derrière toute la présentation – les panneaux lumineux aux couleurs changeantes qui jetaient une bonne partie des interprètes, dont Albarn lui-même, assis principalement au piano, dans une semi-obscurité ; la lumière tamisée ; le look de l’ensemble. Cela fonctionnait parfaitement.

Ce qui était également remarquable était la manière dont cette fusion de genres a donné vie à l’album. En tant qu’expérience auditive, Demon Days est une chose étrange et originale, une histoire à demi-narrée d’un futur apocalyptique situé dans un kaléidoscope de styles musicaux. Ici, il est devenu plus riche, plus profond, plus touchant.

Tandis que le public applaudissait une succession d’interprètes solo – la chanteuse Neneh Cherry, les rappeurs De La Soul, Ike Turner (oui ! Ike Turner) au piano – tandis que les cordes descendaient en piqué, tandis que les chansons balançaient, tandis qu’une chorale d’enfants sautaient et tappaient des mains en chantant le refrain de Dirty Harry, tandis qu’une chorale gospel ammenait la chose vers un final glorieux, la musique a atteint une chaleur et une résonnance qui manque à l’album. Même la fragile voix d’Albarn semblait plus confortable.

Parmi les clous de la soirée : All Alone, avec son rythme irrésistible, le chant de Martina Topley-Bird et un rap qui donne la chair de poule par Roots Manuva. Et Dare, avec le héros local Shaun Ryder des Happy Mondays qui reçoit la plus grande acclamation de la soirée en remuant son gros derrière devant l’assemblée.

Le Gorillaz d’Albarn et Hewlett a commencé comme un projet parallèle pour Albarn, exultoir de choses qui ne rentraient pas dans le gabarit Blur. Ici, leur création a pris vie. Le festival doit encore commencer, et déjà il a l’un de ses clous.

Traduction – 29 décembre 2007

The Telegraph – 1er septembre 2005

“J’ai appris à ne pas être un idiot agaçant”

Damon Albarn a plus de succès – et s’amuse plus – en tant que l’homme dissimulé derrière le groupe de bande dessinée Gorillaz qu’avec Blur. Il parle à Craig McLean.

On peut mettre sa main au feu que Damon Albarn n’a pas regardé la récente célébration de la BBC4 du 10ème anniversaire de la bataille des charts entre Blur et Oasis.

S’il s’était vu plus jeune avec sa mèche pendante, présentant un rassemblement de ses groupes Britpop “préférés”, il aurait sans aucun doute fait la grimace. Sur le plan musical, Albarn est bien loin des jours de la pop à guitare désinvolte et de Cool Britannia. Il n’est pas probable non plus qu’il reporte une casquette de Sherlock Holmes et une culotte de golf en chantant le numéro un de Blur qui a triomphé d’Oasis, Country House.

Aujourd’hui, l’homme de 37 ans jouit d’une renommée d’un ordre très différent. En tant que la voix et le cerveau musical derrière le quatuor de bande dessinée Gorillaz, il est responsable – aux côtés de l’illustrateur Jamie Hewlett – d’un des groupes les plus innovants de ces dernières années. Et l’un des plus populaires : le premier album éponyme de Gorillaz en 2001 s’est vendu à six millions d’exemplaires. Aux Etats-Unis, Albarn a récemment jouit d’une succès considérablement plus grand qu’il n’a jamais eu avec Blur.

Gorillaz fait de la pop tranchante qui mélange des mélodies à reprendre en chœur, du reggae, de l’électronica, du hip-hop et de la world music. Sur leur deuxième album, Demon Days (sorti en mai), ces idées musicales sont appliquées aux pensées de Albarn sur les « temps sombres dans lesquels nous vivons ». Cette ambition créative variées est étoffée par des chanteurs invités tels que l’acteur Dennis Hooper et (sur le nouveau single DARE) le chanteur des Happy Mondays Shaun Ryder.

Mais tout ce sérieux musical est incarné par quatre personnages brillamment réalisés qui exultent l’attitude et le style, dont le chanteur maussade, 2-D, et une guitariste japonaise nommée Noodle. Gorillaz possède un look génial, un son génial et habite dans un monde tiré tout droit d’un jeu vidéo. Ce n’est pas étonnant si les mômes sont devenus gaga de Gorillaz.

“On ne reste pas assis là à penser : Ça va être génial pour les mômes – c’est juste que ça leur plait vraiment”, dit Albarn assis près de la porte de derrière du studio de design de Hewlett dans l’Ouest londonien. “On essaye d’être aussi radical que possible dans tous les sens.

“Mais peu importe ce qu’on fait, la combinaison est vraiment attirante pour les jeunes esprits actifs. C’est l’essence de l’industrie [musicale], non ? Malheureusement, dans les mauvaises mains, elle est constamment abusée. Les maisons de disques et les producteurs moins scrupuleux trompent les mômes avec de la merde. Parce que c’est facile”.

Cacher son vrai soi derrière des personnages de bande dessinnée a été particulièrement attirant pour Albarn, qui se prononce “bien plus heureux” avec son nouveau profil plus bas en tant que musicien. Gorillaz est, dit-il, “essentiellement, pour la plupart des personnes, anonyme. Ce n’est pas le cas en Grande Bretagne. Mais partout ailleurs où je vais, quand les gens demandent ce que je fais et que je dis Je suis musicien, je suis Gorillaz, ils sortent Oh, c’est toi ! Ils ne connaissent pas vraiment le art rock britannique de part le monde”, dit-il sèchement.

Albarn n’est pas sûr de quand il reviendra au art rock britannique avec Blur. Le départ du guitariste Graham Coxon en 2002 est clairement encore une blessure à vif. “C’est une lutte de jouer dans un groupe dont l’un des membres clés est parti”.

Est-ce que Coxon rejoindra un jour le bercail ?

“Euh, peu importe”, soupire Albarn, évidemment fatigué qu’on lui pose cette question. “Je pense que bien des récoltes seront semées et récoltées avant que Graham ne revienne. Il n’y a aucun intérêt à attendre quelqu’un qui…” il s’arrête brutalement, quelque chose que l’ancien Albarn n’aurait pas fait.

En attendant, ses besoins créatifs sont satisfaits de toutes les manières dans toutes les directions. Lui et Hewlett sont jusqu’au cou dans les préparations d’un spectacle live unique de Gorillaz, et il enregistre également un autre album.

Il ne rentrera pas dans les détails, mais dit que c’est une continuation dans les excursions space-jazz du dernier album de Blur (Think Tank de 2003), comprend des contributions de “beaucoup de personnes intéressantes” et incorpore les influences africaines dont il est tombé amoureux en enregistrant son album Mali Music (2002).

“En plein enregistrement de l’album de Gorillaz, je suis parti un mois et suis allé au Lagos au Nigéria avec quelques gars qui sont sur l’album qu’on fait maintenant. On a joué dans le vieux studio Felakuti pendant des semaines. Et une partie des chansons qui n’ont pas nécessairement marché là-bas mais jhe suis rentré et je les ai retravaillées pour l’album de Gorillaz. All Alone est venue d’un jam qu’on a eu”.

Albarn dit que son intérêt pour l’Afrique et sa musique est profond. “Je n’ai jamais voulu la laisser en inspiration, je m’en lasse jamais”. D’où sa critique ouverte de l’affiche du concert Live8 de Londres pour ne pas contenir d’artistes africains.

“Les artistes africains ne jouent pas de chansons qui durent deux minutes pour qu’on puisse passer la pub, dit-il. Parfois, s’ils sont dans l’ambiance, ils peuvent jouer des chansons qui durent trois quarts d’heure”.

Mais est-ce que le but du concert de Hyde Park n’était pas d’attirer l’attention des gens de l’Occident d’une manière immédiatement efficace ? “Eh bien, on s’accorde sur le fait qu’on n’est pas d’accord si c’est la manière la plus efficace ou pas. Je pense que le temps révèlera si je disais des bétises ou si j’avais raison”.

Mais le concert Live8 au Eden Projet en Cornouailles (avec seulement des artistes africains) ne semblait pas avoir attiré beaucoup de personnes.

“C’était le problème. C’était une réponse directe à ce que moi-même et d’autres avions fait remarquer comme un oubli vraiment évident de la part des organisateurs. C’était un geste symbolique, malheureusement. Encore une fois, il semble que les Africains échouent. Et encore une fois, je pense que le zèle missionnaire de l’Occident est aveugle au potentiel fantastique et à la pure soif de vivre qui existe en Afrique”.

C’est du Albarn typique : arrêté dans ses opinions, combatif, et avec une pointe de satisfaction de soi. Mais, malgré cette rechute périodique, la paternité (sa fille Missy qu’il a eue avec l’artiste Suzi Winstanley a désormais cinq ans) et le succès international semble l’avoir adouci.

“Après 15 ans dans un groupe à tourner, je me suis retrouvé plus ou moins accro aux limites – de beaucoup de choses”, dit-il.

“Être célèbre en était une. Les gens ont tendance à penser qu’on peut être accro aux drogues, aux anti-douleurs ou à l’alcool. Mais non, non, non, dit-il en souriant avec regret et en secouant la tête, il y a bien d’autres sortes de dépendances. On peut être accro aux chaussures, au sexe. Ou à l’attention des autres”.

Alors que lui a appris l’expérience Gorillaz ? “Ah…” il réfléchit. “À ne pas être un petit idiot agaçant et narcissique !”

· Le nouveau single de Gorillaz, DARE, sort cette semaine.

Traduction – 29 décembre 2007

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