Professeurs d’Oxford

DEPECHE MODE
Birmingham Odeon

Tandis que les dernières minutes s’écoulent avant la diffusion de “Oxford Road Show”, Peter Powell détruit avec concision quelques illusions alors qu’il fait répéter différentes hystéries de publics de la BBC de peur que la véritable arrivée de Depeche Mode sur scène ne réussit pas à fournir le niveau de décibel nécessaire (espérons que non !).

Ignorant vaillamment les Walkmans qu’on lui a clairement mis sous le nez, Peter nous met au courant sur ce que nous avons à faire pour paraitre convenablement spontanés tandis que les caméras tournent, faisant apparaître Depeche Mode et les hordes du public dans des millions de foyers. Gasp ! L’excitation est presque trop et tout à coup on était “à l’antenne”, comme ils disent, et Depeche Mode étaient , sur scène, se conduisant comme si de rien n’était et électroniques comme jamais.

En dépit (à cause ?) des lumières additionnelles, et des caméramen costauds qui suivent leur moindre mouvement, les Modes se sont transformés en une performance plus vivante et physique que d’habitude. David Gahan a manifestement étudié les clips de Michael Jackson, et a adapté au moins un de ses pas de danse. C’est dommage qu’il ait annulé son talent en en abusant de manière flagrante, pourtant je ne suis pas contre un peu d’originalité – on ne peut le “Beat It”. En contraste, Andy Fletcher et Alan Wilder se tenaient immobiles et très concentrés, alors que Martin Gore regardait fixement le public d’un air morose avec ses yeux maquillés sous ses boucles coiffées à la punk.

Tandis que les pouets-pouets de Just Can’t Get Enough bégayaient en sortant de la sono, Gahan continuait sa tactique de stimulation du public, à savoir lever les bras au dessus de la tête et hurler “Allez !” jusqu’à finir enroué. Jamais certain si la diffusion s’est terminée ou non, le public a répondu avec un enthousiasme effréné, poussé, sans aucun doute, par la possibilité de faire coucou à sa famille, tout en maintenant une atmosphère artificiellement haute.

Naturellement, tout fan de Depeche Mode digne de ce nom fanfaronnerait que tous les concerts de Depeche Mode sont aussi excitants, mais j’en doute. En dépit d’éclairs occasionnels de vie dans les charts singles, les Modes demeurent des marchands à un doigt, fixés de manière rigide aux lignes mélodiques simplistes de leurs chansons, avec à peine une pointe de solo pour varier le rythme sonore du matériel. Ils peuvent être arrivés en haut de l’échelle, mais quand on examine la compétition, cela ne dit pas vraiment grand chose.

Après un apparent pas en avant avec l’excellent album Construction Time Again, il est triste de rapporter que Depeche Mode demeurent fermement enracinés dans la technique de scène qu’ils utilisent depuis leurs débuts. Quelques tours de projecteurs robotisés, une hanche qui pivote par ci et un clappement de main par là ne font pas de concert décent. Ils ne peuvent vraiment pas compter sur des vieilles rengaines comme New Life et See You pour maintenir le niveau d’excitation pour toujours.

Peter Powell estime que Depeche Mode est l’un des groupes live les plus sous-estimés du moment. J’estime que Peter est professionnel et aime plaire au public, et l’évaluation moyenne de Depeche Mode est tout simplement correcte.

Simon Scott

Traduction – selon le scan et la transcription de SacredDM.net – 26 août 2007