Ils sont jeunes, bizarres et ils riment avec Slade ! C’est SUEDE. Simon Price les a côtoyés.

“On a un problème : on ne sait tout simplement pas écrire de faces B. On ne sait écrire que de grandes chansons”.

Brett Anderson, crooner à la frange à la Ferry et aux yeux creux du groupe non signé mais bientôt adoré, Suede, souffre d’un grave, mais pas complètement injustifié, complexe de supériorité.

“On n’est pas le groupe le plus talentueux sur Terre : l’idée d’être musicien professionnel me fait chier au plus haut point. On ne peut pas y arriver tout le temps mais je sais que si je nous voyais, je penserais qu’on est merveilleusement excitants”.

Avec son chic magasin d’antiquité, Brett ressemble à une idole discréditée du public féminin.

“Personne ne vient nous voir après la représentation pour nous dire qu’il nous aime bien. Le mot représentation est meilleur que jouer sur scène. Suede donne des représentations. Les gens trouvent qu’on manque de naturel, mais c’est parce qu’on doit se calmer un peu”.

Comme quoi ?

“Comme se pendre. On a dû arrêter de faire ça ! Et tu ne peux te déshabiller quand tu joues au Amersham Arms, hein ?”

Qu’est-ce qui vous pousse à le faire ?

“Je veux avoir une influence sur la vie des gens au-delà de l’interaction sociale ou physique. Je veux imposer ça aux gens. Certains disques étaient importants pour moi ado. Ils m’étaient plus proches que la plupart de mes amis”.

Quels disques ?

“Ah, on a une règle là dessus. On ne te dira rien”.

J’ai quelques idées. Suede, avec son contraste de mélodies riches en riff et ses métaphores sexuelles perverties (noyade, vélo, les trucs habituels), le tout servi par une voix de fausset narcissique à la Morrissey, est peut-être la première mise à nu d’émotion masculine depuis les Smiths. Ajoutez- une pincée de sens du théâtre de Bowie et l’esthétique pop impudique de Bolan et vous y êtes.

Traduction – 24 avril 2006